lundi 12 février 2018

La parole des musulmanes se libère

C’est un torrent qui n’en finit plus de grossir et qui touche toutes les femmes, quels que soient leur statut social et leur religion. Depuis quelques jours, c’est au tour des musulmanes de dénoncer sur les réseaux sociaux les actes de harcèlement, voire d’agressions sexuelles dont elles auraient été victimes lors de leur pèlerinage à La Mecque, en Arabie Saoudite. Selon la BBC, tout est parti du témoignage de la journaliste et féministe américano-égyptienne Mona Eltahawy, qui a partagé son expérience pendant son pèlerinage en 2013. Le 6 février, la journaliste relate sur Twitter ce qu’elle a vécu 26 ans après les faits. «J’ai partagé mon expérience d’agression sexuelle pendant le hadj en 1982, alors que j’avais 15 ans, dans l’espoir que cela aiderait les femmes musulmanes à briser le silence et le tabou qui entourent leur expérience de harcèlement ou d’agression sexuels pendant le hadj ou dans des Lieux sacrés», relate la journaliste. Rapidement, le hashtag #MosquéeMeToo devient populaire sur Twitter et plus de 6000 tweets ont été publiés par des musulmanes témoignant de leurs expériences. «Une de mes amies a subi des attouchements durant le hadj et quand elle a fait des histoires, ses camarades de hadj lui ont demandé de laisser tomber», affirme Farisa Nabila. «Une des raisons pour lesquelles je ne dis jamais : ‘‘Oui’’ quand les gens me demandent : ‘‘Voulez-vous aller à La Mecque une fois de plus ?’’ Je n’ai jamais été autant harcelée que dans la ville sainte», poursuit la jeune femme. «J’ai aussi été harcelée à La Mecque et à Médine pendant le hadj, quand j’avais une vingtaine d’années. C’était dégueulasse et ça m’a déroutée. Je l’ai dit à mes parents tout de suite, mais je n’ai pu donner les détails que l’année dernière», confie Bunga Manggiasih. Cette prise de parole des femmes musulmanes intervient dans la foulée du hashtag # MeToo lancé aux Etats-Unis après les révélations de plus de 33 femmes accusant le célèbre producteur de cinéma Hervé Weinstien d’agression sexuelle. Le hashtag devient une prise de conscience planétaire sur l’omniprésence des violences ou des agressions sexuelles, de l’enfance à l’âge adulte.

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