vendredi 16 février 2018

Coup de gueule : Grève et service minimum VS retard des soins !

Mon père est atteint d’un cancer de la prostate. Cette semaine, il était programmé pour subir une intervention. Une nouvelle qui a beaucoup pesé sur son moral et le nôtre aussi.  Le rendez-vous arrivé, on se présente à l’hôpital et mon père est préparé pour entrer au bloc. Une fois à l’intérieur et allongé sur la table d’opération, on lui lance : «Monsieur vous ne pouvez pas être opéré à cause de la grève d’une certaine tranche du personnel du centre hospitalier.» C’est le coup de gueule lancé par une citoyenne après l’annulation surprise, et à la dernière minute, de l’opération de son père cancéreux. «Les personnes concernées n’ont même pas pris la peine de s’excuser, seul le chirurgien l’a fait… On n’est pas contre la grève, ni contre les revendications. Au contraire, on soutient tous les mouvements pour que chacun ait ses droits. Mais on nous a dit que le service minimum doit toujours être assuré et quand ça concerne la santé, on ne peut pas permettre des situations pareilles, des gens peuvent mourir et des maladies se propagent davantage à cause du retard des soins», déplore-t-elle. Selon le président du Syndicat national des praticiens de la santé publique, Lyes Merabet, l’article 38 de la loi 90-02 du 6 février 1990 concernant la prévention et le règlement des conflits collectifs de travail et exercice du droit de grève cite «les secteurs concernés par le service minimum, dont le secteur de la santé et en précise les activités : les services hospitaliers de garde, les urgences et la distribution des médicaments». «La loi précise aussi que la responsabilité incombe à l’organisme employeur de négocier les modalités de son application et d’en assurer les conditions de son exécution. Dans la réalité, le ministère de la Santé fait délibérément entorse à la procédure légale et se préserve le droit de la sanction financière, du harcèlement administratif et au recours systématique à la justice pour entraver le droit de grève», explique le syndicaliste. Précisant que dans la situation de protestation actuelle, «les syndicats des professionnels de la santé, partagés entre l’objectif du mouvement de grève et leurs obligations morales et professionnelles envers leurs malades, se retrouvent obligés de déterminer, de façon unilatérale, le paquet de soins à assurer dans le cadre du service minimum.  Le cas des malades cancéreux retient l’attention et nous l’avons toujours, pour le Syndicat national des praticiens de la santé publique (SNPSP), couvert par le service minimum». 

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