mercredi 14 février 2018

Contestation sociale : L’Exécutif dos au mur

Face à la grogne sociale, certains ministres semblent livrés à eux-mêmes, à commencer par Nouria Benghabrit et le professeur Mokhtar Hasbellaoui qui tentent vainement d’apporter des réponses concrètes. A défaut d’une réaction de la présidence de la République, c’est donc le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, qui capte tous les regards. A la crise politique, symptomatique des luttes que se livrent des clans au sommet du pouvoir, s’ajoute la crise économique et sociale. Grèves, ministres désorientés et absence d’initiative. Depuis quelques semaines, le gouvernement fait face à l’une des crises sociales les plus exacerbées de ces dernières années. Les syndicats de la Fonction publique, notamment ceux de la santé et de l’éducation nationale, continuent de débrayer pendant qu’en face le gouvernement reste silencieux. Face à la grogne sociale, certains ministres semblent en effet livrés à eux-mêmes. Des membres du gouvernement, à commencer par Nouria Benghabrit, ministre de l’Education nationale, et le professeur Mokhtar Hasbellaoui, ministre de la Santé, tentent d’apporter des réponses concrètes aux revendications des contestataires. Mais aucun des deux ne semble détenir la clef de la solution. Et en dehors des revendications purement sectorielles, les deux membres du gouvernement semblent guetter un salut qui viendrait des services du Premier ministre. A défaut d’une réaction de la présidence de la République, c’est donc le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, qui capte tous les regards. Les médecins résidents, puis les enseignants attendent un geste qui mettrait fin à leur mouvement de grève. En vain. En dehors du ministre de la Santé qui a indiqué aux médecins résidents que le Premier ministre avait «accordé une prime d’hébergement» aux futurs médecins spécialistes, la touche d’Ahmed Ouyahia est quasiment absente. La multiplication des foyers de tension et l’absence de réponse politique à certaines revendications qui ont besoin d’une intervention au plus haut niveau de l’Etat laissent supposer un manque total d’arbitrage. Cette absence de décision au plus haut sommet de l’Etat trouve diverses explications. La première est à chercher dans la relation qu’entretiennent depuis plusieurs mois le Premier ministre et la présidence de la République. Depuis la «mise au point» envoyée par les services du palais d’El Mouradia au Premier ministre à propos de la conduite de la politique des privatisations, Ahmed Ouyahia, qui a animé la vie politique nationale lors des derniers mois de l’année 2017, s’est muré dans un silence total. L’homme, visiblement courroucé et contrarié par des attaques organisées par certains cercles du pouvoir, fait désormais du «service minimum». Il se contente de gérer les affaires courantes et les dernières images le montrant dans des activités publiques sont l’illustration d’un homme en mauvaise forme. Plus qu’une question de mauvaise humeur qui ne sied pas à l’homme connu pour sa capacité à encaisser les coups les plus durs — certaines sources indiquent que le Premier ministre ne va pas tarder à quitter ses fonctions. Il n’aurait plus le moral de gérer un pays qui vit dans ambiance délétère. Le climat politique est marqué par une détérioration de la situation sociale et un brouillard qui entoure le paysage politique, à une année de l’élection présidentielle de 2019. A la crise politique, symptomatique des luttes que se livrent des clans au sommet du pouvoir, s’ajoute la crise économique. Le gouvernement ne peut plus satisfaire les revendications des fonctionnaires. La trésorerie étant vide depuis longtemps, les recettes pétrolières devenant rares au fur et à mesure que les réserves de change s’amenuisent, répondre aux nombreuses demandes salariales des fonctionnaires relève de l’impossible. Pis, une réponse à une corporation va ouvrir un une brèche pour les autres fonctionnaires. Face à cela, le gouvernement tente de remonter l’opinion publique contre certaines corporations, à commencer, par exemple, par les parents d’élèves, pour dénoncer les syndicats autonomes. Cela ne semble pas marcher, même si l’inquiétude des élèves de voir une année blanche se profiler à l’horizon est compréhensible, voire légitime. C’est une véritable impasse !  

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