lundi 12 février 2018

Cinq syndicats accablent le Cnapeste

«Le Cnapeste ne veut pas rendre des comptes sur sa gestion des œuvres sociales.» Cinq syndicats du secteur de l’éducation ont dénoncé hier «l’utilisation abusive du droit de grève». La Fédération nationale des travailleurs de l’éducation (Fnte-ugta) et quatre autres syndicats autonomes accusent le Conseil national autonome du personnel enseignant du secteur ternaire de l’éducation (Cnapeste) d’entrave à l’aboutissement du nouveau statut des travailleurs de l’éducation, en décrétant une grève illimitée «alors que la commission mixte regroupant les représentants de dix syndicats est aux dernières retouches du texte portant l’amendement l’avant-projet de loi du statut des travailleurs de l’éducation», dénonce M. Belamouri, président de la fédération Snapap de l’éducation, lors d’une conférence de presse tenue hier à Alger. «Nous avons tenu, à la fin du mois de janvier, la 53e rencontre de la commission chargée d’élaborer des propositions relatives à la révision du statut. Les propositions de la commission  s’orientent vers plus de justice et d’équité pour les catégories actuellement lésées, et cette tendance dérange ce syndicat qui a appelé à une grève illimitée», argumente le même syndicaliste. Le débrayage illimité du Cnapeste serait motivé, selon cette alliance syndicale, par «la volonté de ce syndicat d’échapper à la présentation du bilan de sa gestion des œuvres sociales, comme le réclament les représentants des travailleurs du secteur», accuse Ali Bahar, président du Syndicat national des corps communs de l’éducation. La conférence de presse était l’occasion de déplorer «la mauvaise gestion des œuvres sociales du secteur par la commission nationale, dont les responsables sont issus du Cnapeste». Craintes sur l’activité syndicale Ferhat Chabekh, secrétaire général de la Fnte, exprime des préoccupations concernant l’impact de la grève du Cnapeste auprès de l’opinion. «L’hostilité de toute la société face à l’impasse engendrée va certainement pousser le gouvernement à prendre des mesures pour interdire les grèves dans le secteur. Ce sera un désastre pour tous les travailleurs», soutient le même syndicaliste qui s’inquiète également des dérapages pouvant découler des appels à la grève émis par des lycées à Blida. Les représentants syndicaux ont dénoncé «l’opportunisme» de certains enseignants grévistes, qui n’ont pas hésité à assurer des cours particuliers dans des locaux commerciaux alors qu’ils sont grévistes au niveau de leurs établissements. «Le secteur de l’éducation est dans une impasse. Nous ne voulons pas être des spectateurs. Nous ne sommes pas rassurés par le chantage exercé par un syndicat qui ne présente aucune revendication réelle. Tout ce que cette formation a proposé concerne des cas particuliers. On ne fait pas une grève illimitée pour défendre des auteurs de fautes professionnelles», lâche le président de la Fnte. M. Hmidat, du Syndicat national autonome des enseignants du primaire estime que cette grève, qui dure, portera préjudice aux élèves issus de familles défavorisées mais aussi aux enseignants qui seront licenciés. Les syndicats ont également contesté le taux de suivi avancé par le Cnapeste. Pour les conférenciers, le taux de suivi ne dépasse pas 4,69% à travers le pays. Plus de 24 000 établissements n’ont pas été touchés par la grève sur les 27 000 que compte le secteur, précisent les conférenciers. Ces derniers n’ont pas commenté la grève que compte tenir l’Intersyndicale le 14 février. «La grève est un droit constitutionnel tant que la loi est respectée.» A souligner que les représentants syndicaux qui se sont exprimés hier ont tenu une réunion avant-hier à laquelle a assisté également le représentant du Syndicat national des travailleurs de l’éducation (Snte). Il a été décidé de saisir le ministère du Travail pour prendre les mesures nécessaires.  

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