dimanche 7 janvier 2018

Une politique anticonstitutionnelle

La protestation, c’est le moyen auquel les médecins résidents ont eu recours ces derniers jours pour que le ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière ouvre les portes du dialogue. La répression, mercredi dernier, de la marche des médecins résidents repose à nouveau la question de l’interdiction des manifestations et la fameuse «gestion démocratique des foules» prônée par la DGSN. Que signifie cette notion inventée pour empêcher un droit consacré par la Constitution ? Les agissements des agents de la police et leur réaction, souvent violente, face aux manifestants n’ont rien de «démocratique». Car la démocratie suppose, avant tout, le respect des lois de la République, notamment la Constitution qui permet à tous les citoyens de défendre, par des moyens pacifiques, leurs droits. Parmi ces moyens, il y a les marches et les rassemblements dans les lieux publics. C’est à ces moyens qu’ont recouru les médecins résidents pour tenter de contraindre leur tutelle, en l’occurrence le ministère de la Santé, d’ouvrir les portes du dialogue afin de solutionner les problèmes dont souffre cette catégorie. Mais, même s’il s’agissait de l’exercice d’un droit, les contestataires ont dû faire face à une répression féroce indigne de la démocratie ; ils se sont fait tabasser et malmener par les agents de la police à l’intérieur même du CHU Mustapha Bacha. Les forces de l’ordre les attendaient à l’entrée de l’hôpital et ils les ont chargés avant même de franchir le seuil du portail principal de l’établissement. Bilan : des blessés et des interpellations. Et comme d’habitude, au lieu de condamner cet acte, les responsables de la police le justifient. En effet, le directeur de la sûreté de wilaya d’Alger, Nourredine Berrachedi, a tenté beaucoup plus de défendre les policiers qui ont bastonné des médecins que de présenter des excuses officielles aux victimes de cette agression caractérisée. «Les cas de blessés enregistrés sont dus au frottement entre les manifestants et les agents venus les empêcher d’organiser une marche dans les rue de la capitale. Les policiers n’ont fait que leur travail. Leurs missions est de protéger les personnes et les biens. Ils n’agressent personne, et surtout l’élite que représentent les médecins», précise-t-il dans une déclaration à l’ENTV. Réagissant aux critiques suscitées par les images montrant des médecins blessés à la tête, Nourredine Berrachedi explique d’abord que «depuis le 14 novembre dernier, cette catégorie de médecins organise des sit-in à l’intérieur de l’hôpital et il n’y a eu aucun incident». «Mercredi dernier, ils voulaient organiser une action interdite par la loi, comme tout le monde le sait», ajoute-t-il. Avant les médecins résidents, ce sont les membres de l’Intersyndicale de la Fonction publique qui ont fait les frais de «cette gestion démocratique des foules». Ayant programmé un sit-in devant l’annexe du ministère de l’Education nationale à Alger, les syndicalistes, en majorité des enseignants et des médecins, ont été sévèrement malmenés et interpellés. L’interdiction des marches ne se limite pas seulement à Alger. Des villes de l’intérieur du pays sont aussi concernées. Au début du mois de décembre dernier, des étudiants de l’université de Bouira ont été empêchés de marcher pour la promotion de la langue amazighe. Et cette interdiction a donné suite à des événements malheureux au sein de l’université. Cela prouve que l’interdiction des manifestations n’est pas le bon moyen pour garantir l’ordre public. C’est, souvent, là où il n’y a pas d’intervention des forces de l’ordre que les marches et les rassemblements se déroulent dans le calme…  

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