dimanche 7 janvier 2018

Pauvreté architectonique

Les donateurs font office d’architectes dans la construction des mosquées. Pour Dalila Senhadji Khiat, auteure de l’étude Les mosquées en Algérie ou l’espace reconquis : l’exemple d’Oran, publiée par l’Année du Maghreb, (VI, 2010), le paysage architectural des mosquées édifiées en Algérie depuis 1962 met en relief une «réelle pauvreté en matière d’architecture» religieuse musulmane : «Le caractère architectonique primant sur le caractère architectural, la mosquée est construite au gré des souhaits et de la générosité de certains mécènes. Le désengagement de l’Etat dans l’édification des lieux de culte est en partie responsable de cette situation. En effet, à l’exception des grandes mosquées à caractère national ou régional pour lesquelles l’Etat intervient en matière d’architecture, leur édification est confiée aux associations cultuelles ou aux personnes physiques.» Leur construction est régie par le décret qui prévoit dans son article 5 que «les mosquées sont construites par l’Etat, par des associations, par des personnes physiques ou morales par la simple obtention d’une autorisation ou d’un agrément du ministère des Affaires religieuses ou de la direction des Affaires religieuses». Pour l’auteure, le style des mosquées est souvent laissé au choix des associations cultuelles financées par les donateurs et ces derniers sont, dans leur très grande majorité, des personnes aisées, des industriels, des commerçants qui, pour une raison ou une autre, vont contribuer et parfois financer la totalité de la construction d’un édifice…

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire