samedi 20 janvier 2018

Ouyahia contre-attaque et marque des points

Piqué au vif, Ahmed Ouyahia organise la riposte. Tout en épargnant Abdelaziz Bouteflika, le secrétaire général du RND s’en est pris, sans le citer, au FLN. A l’ouverture, comme à la clôture, des travaux du conseil national du RND, le Premier ministre a rappelé au vieux parti son passé de «parti unique» et surtout de parti qui véhicule des constantes révolues. Lors d’un court discours prononcé, hier, à l’occasion de la clôture des travaux du conseil national de son parti, à Alger, Ahmed Ouyahia a rappelé à Djamel Ould Abbès, qui qualifie souvent les entreprises publiques comme étant «une ligne rouge» à ne pas franchir, que «le monde ne se nourrit pas de sornettes». «Nous sommes dans un monde impitoyable, qui ne se nourrit pas de sornettes, qui ne se nourrit (pas) de constantes», a en effet indiqué Ouyahia, sans cravate et s’exprimant à des militants qui, visiblement, attendaient des répliques de la part de leur chef. Lorsqu’il évoque les «constantes», Ahmed Ouyahia s’adresse aux gardiens du temple. Ceux qui, au nom d’un «secteur public économique» s’opposent à toute réforme. «Les constantes se gardent. Après la religion, c’est l’indépendance du pays et la pérennité de l’Algérie qui doit rester debout. Tout le reste évolue», a tranché le Premier ministre. Et pour donner des exemples concrets, Ahmed Ouyahia renvoie ses adversaires –donc le FLN en premier lieu – à la période du parti unique. Il rappelle «ya hasra !» que «la Charte nationale a vécu». Il n’oublie pas non plus de faire un clin d’œil au Parti des travailleurs qui a applaudi la récente sortie du chef de l’Etat concernant les privatisations. Le slogan «Le socialisme est un choix irréversible» a vécu et «pas seulement en Algérie !» a-t-il rappelé. Et pour rappeler la justesse de son action, Ouyahia cite sa devise : «Nous disons toujours : ''Ne distribue pas ce que tu n’as pas produit''.» Dire le contraire est  un leurre.  L’allusion à la fin de la rente pétrolière est encore très claire. Il sort, une nouvelle fois, l’éventail du Fonds monétaire international qui risque, une nouvelle fois, de frapper aux portes de l’Algérie. La veille, Ahmed Ouyahia avait déjà donné le ton de ce que sera sa réplique au FLN. Dans un discours, plus long, le secrétaire général du RND a même cassé un tabou : il est le premier responsable de l’Etat à se démarquer, publiquement, des pratiques du parti unique. En rappelant l’interdiction de la conférence que devait donner Mouloud Mammeri en 1980 et en évoquant la «répression des manifestations» qui ont suivi, le Premier ministre veut donc rappeler au parti de Ould Abbès qu’il n’a aucun mérite concernant la reconnaissance de tamazight dans la Constitution. Tout en excluant Abdelaziz Bouteflika de ces reproches, Ouyahia est allé plus loin. Le «mérite» de ces acquis revient, selon lui, aux «martyrs» de la cause. L’homme n’a pas condamné en des termes clairs les méfaits du système politique de cette période peu glorieuse de l’histoire de l’Algérie. Mais le fait d’en parler est déjà un fait en soi. Ces sorties d'Ahmed Ouyahia sonnent-elles comme une révolte de la part d’un homme qui a beaucoup encaissé ? 

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