vendredi 19 janvier 2018

Les usagers ont accepté ces augmentations symboliques puisque leur impact sur leur pouvoir d’achat est minime

- Avez-vous constaté un mécontentement des usagers, excédés par cette nouvelle hausse ? Il faut souligner tout d’abord que les rajustements tarifaires opérés suite aux augmentations des carburants se caractérisent, d’une part, par la faiblesse de augmentations des tarifs et, d’autre part, par le maintien de certains tarifs. Par ailleurs, ces augmentations se sont avérées nécessaires pour minimiser l’impact des augmentations des carburants retenues au titre de la loi de finances 2018 sur les charges des opérateurs de transport. Par conséquent, les échos recueillis font état que la réaction des usagers des transports collectifs est mitigée. Globalement, les usagers ont accepté ces augmentations symboliques puisque leur impact sur leur pouvoir d’achat est minime. De ce fait, nous pouvons confirmer que l’application de ces réajustements tarifaires n’a rencontré aucune résistance à travers le territoire national. - Certains voyageurs déplorent la hausse des prix. Sur quelle base les prix sont-ils déterminés ? Il y a lieu de signaler qu’en 2017, l’augmentation du coût des carburants opérée dans le cadre de la loi de finances pour 2017 n’a pas été suivie d’augmentation des tarifs des transports, et pour l’année 2018 les représentants des corporations ont revendiqué fortement l’augmentation des tarifs suite à l’augmentation des charges d’exploitation, notamment celles liées aux carburants. A l’issue de plusieurs réunions du groupe de travail constitué de l’administration centrale et des représentants des corporations de voyageurs et de transport par taxis, les légères augmentations retenues tiennent compte, d’une part, de l’impératif de préserver le pouvoir d’achat des usagers des transports collectifs et, d’autre part, de la nécessité de couvrir les charges des transporteurs induites par ces augmentations des prix des carburants. Pour le calcul de ce léger réajustement tarifaire, il a été procédé à l’analyse des charges d’exploitation des transporteurs en tenant compte de la spécificité de chaque activité et du poids du poste carburants dans ces charges. Il a été tenu compte également de la nécessité d’assurer la survie de ces transporteurs dont le rôle économique et social n’est plus à démontrer. - Le secteur propose-t-il de nouvelles prestations ? Dans le but d’assurer des prestations de service de qualité, le secteur des travaux publics et des transports ne cesse, depuis plusieurs années, d’investir dans les infrastructures et les moyens de transport modernes, sécurisés et propres, afin d’offrir aux citoyens plusieurs alternatives en matière de transport. C’est à ce titre que la réhabilitation des transports urbains au niveau des principales agglomérations algériennes constitue l’une des préoccupations de notre secteur à travers, notamment, la réalisation et le parachèvement des projets structurants, tels que le métro, les tramways et les télécabines. Par ailleurs, notre département ministériel a engagé une réflexion approfondie pour l’introduction d’un nouveau mode de transport, «BHNS» (bus à haut niveau de service) ou «BRT» (bus rapide de transit), qui offre un service de qualité et de même capacité qu’une ligne de tramway. Ce mode de transport connaît actuellement un essor considérable de par le monde, en raison des avantages comparatifs qu’il offre en termes de flexibilité, de fréquence garantie, de vitesse commerciale élevée, de trajet en site propre et d’absence de conflit avec le trafic routier. - Quel est votre constat sur le service du transport public de voyageurs ? Globalement, le transport public de voyageurs, malgré les quelques insuffisances recensées, a connu une évolution considérable, notamment depuis la réhabilitation de certains modes de transport (transport par bus, ferroviaire et par câble dans certaines villes) et l’introduction de nouveaux modes (métro, tramways et transport par câble au niveau d’autres villes). Le transport routier a également connu un essor appréciable tant pour les lignes exploitées par le secteur public, qui s’est développé, tant sur le réseau urbain et suburbain que sur la moyenne et longue distances à la faveur des plans d’assainissement et de modernisation arrêtés par les pouvoirs publics au profit des entreprises publiques, que pour les lignes exploitées par le secteur privé qui a consenti un grand effort en matière d’extension et de rajeunissement des parcs. Par ailleurs, pour assurer une meilleure organisation de cette activité et améliorer la qualité des services offerts aux usagers, notre département ministériel a engagé, en parallèle, un vaste programme de réalisation des gares routières et des stations urbaines dans tout le territoire national. L’ensemble de ces mesures a contribué d’une manière certaine à l’amélioration des conditions d’accueil, de traitement et de déplacement des usagers des transports collectifs. Toutefois, des efforts doivent être consentis pour poursuivre cette tendance d’amélioration de la qualité du service et la réorganisation des opérateurs privés. - Le privé a envahi le secteur. Y a-t-il une commission chargée de surveiller ses dépassements ? Les opérateurs de transport, quel que soit leur statut, sont soumis au cahier des charges qui fixe clairement leurs obligations en matière d’exploitation de leurs services. Pour le contrôle du respect de ces obligations, les directions des transports de wilaya disposent d’inspecteurs assermentés qui interviennent sur le terrain pour assurer des opérations d’inspection tant sur les lignes exploitées qu’au niveau des points d’arrêt et des gares routières. Toutefois, il est à retenir que le nombre de ces inspecteurs, comparativement à celui des transporteurs et à l’étendue du territoire, reste insuffisant pour assurer un contrôle efficace, régulier et permanent, d’où l’existence de dépassements. Il est à noter enfin que chaque direction des transports de wilaya dispose d’une commission de sanctions administratives qui a pour mission d’examiner les procès-verbaux d’infractions et prononcer des sanctions à l’encontre des contrevenants.  

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