jeudi 11 janvier 2018

Les solutions du professeur Hasbellaoui

Le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, le professeur Mokhtar Hasbellaoui, tente de désamorcer le conflit avec les médecins résidents en sciences médicales, qui s’étale dans la durée, en multipliant les contacts avec ses confrères des différents ministères. Une audience est prévue avec le vice-ministre de la Défense, le général de corps d’armée, Ahmed Gaïd Salah, prochainement, afin de lui exposer les doléances des grévistes, notamment sur la problématique liée à la double mission de service civil et service militaire que les résidents en sciences médicales doivent effectuer, l’unique corps pour lequel l’obligation est faite. La proposition de permettre aux résidents d’effectuer le service civil dans les hôpitaux militaires sera également discutée. Le ministre s’engage également à améliorer les conditions de mise en œuvre du service civil. «Ainsi, il n’y aura aucune affectation si l’hôpital concerné ne dispose pas d’un plateau technique adéquat en rapport avec la spécialité concernée ; il n’y aura aucune affectation si la wilaya concernée n’assure pas un logement adéquat, comme il sera également procédé à l’étude des dossiers lorsqu’il s’agit de couples mariés dont l’un est médecin en tenant compte du regroupement familial», a souligné le Pr Hasbellaoui, précisant qu’il y aura «la mise en place de mesures incitatives, dont le bénéfice de l’activité lucrative sans condition d’ancienneté pour les spécialistes effectuant leur service civil dans certaines régions du pays, notamment les wilayas du Sud et des Hauts-Plateaux, et ce, dans le cadre du projet de décret en cours de finalisation au niveau du gouvernement». Au plan pédagogique, le ministre de la Santé a informé qu’une commission mixte santé-enseignement supérieur a été mise en place pour étudier tous les aspects en rapport avec l’amélioration des conditions de leur formation et de leur encadrement. Cette commission a commencé ses travaux et une proposition sera faite au secteur de l’enseignement supérieur pour étudier les conditions de son éventuel élargissement à des représentants des médecins résidents. Pour les protestataires, les propositions du ministre de la Santé n’apportent rien de concret. «Nous exigeons un document officiel écrit noir sur blanc et de toutes les façons le mouvement de grève continuera jusqu’à la satisfaction totale de nos revendications», précise le Dr Mohamed Taileb, qui s’est félicité de la réussite de la marche à Oran. Les problèmes du service civil ne datent pas d’aujourd’hui, a-t-il rappelé. Il signale que les médecins spécialises candidats aux DEMS sont actuellement confrontés au problème de sursis qui «n’est plus délivré par les centres de recrutement relevant du ministère de la Défense. A cela s’ajoutent toutes les difficultés liées à l’accomplissement de cette mission que nous n’avons jamais rejetée. Nous demandons l’amélioration de la formation, l’évaluation et les conditions d’exercice», a-t-il noté. Interrogé sur la position du Camra à propos de la mesure incitative portant sur l’activité lucrative dans les Hauts-Plateaux et dans le Sud proposée par le ministre de la Santé, le Dr Taileb rejette catégoriquement la proposition : «D’abord, il revient au médecin spécialiste de décider de ce qu’il doit faire de ses week-ends. En plus, nous refusons cette activité telle qu’elle est présentée.» En attendant des solutions concrètes à tous ces problèmes, les structures publiques de santé sont partiellement paralysées. De nombreux rendez-vous, des consultations et des interventions chirurgicales sont retardés ou bien annulés.  

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