lundi 15 janvier 2018

Les marins en grève illimitée

Les marins, 120 selon les protestataires, 60 selon la direction générale, relevant de l’Entreprise portuaire de Annaba (EPA), ont entamé hier une grève ouverte, avons-nous constaté sur place. En effet, tôt le matin, à l’entrée du port, ils ont brandi une grande banderole où il est mentionné : «Les gens de la mer de l’Entreprise portuaire de Annaba en grève ouverte jusqu’à la satisfaction de nos revendications», «Non à la hogra», «Non à la marginalisation», «Non à l’injustice». En fait, les gens de la mer réclament une seule revendication à caractère socioprofessionnel. Il s’agit, selon leur plateforme, «d’aligner leurs salaires, y compris les avantages et les accessoires de rémunération, sur ceux des travailleurs des autres ports, classés dans la même catégorie ou même zone que le port de Annaba, avec effet rétroactif depuis la mise en œuvre de ce nouveau régime». Approchés, les marins qui venaient d’assurer un service minimum en remorquant un bateau d’ammoniac hors du port, nous ont expliqué : «Notre problème est un peu spécial. Nous ignorons la nature du port de Annaba, est-il classé par catégorie ou par zone ? Pour le savoir, nous avons collecté les bulletins de paie de plusieurs classes socioprofessionnelles issues de différentes catégories ou zones. Nous avons conclu que nous n’appartenons à aucune d’elles. Par conséquent, au plan officiel, le port de Annaba est une infrastructure algérienne. Cependant, sur le plan de la rémunération, il est non classé et non concerné par les nomenclatures annexées aux différentes conventions.» Et de dénoncer : «Au lieu de défendre notre cause, le syndicat UGTA s’est aligné du côté de l’employeur.» Du côté de la direction générale, un huissier de justice a été dépêché pour constater la grève des marins et l’arrêt effectif des bateaux de remorquage. Contacté par téléphone, le directeur général de l’Entreprise portuaire de Annaba a déclaré : «j’ai discuté avec les travailleurs et tenté de les faire revenir à de meilleurs sentiments, car la revendication des travailleurs du port de Annaba n’est pas du ressort de la direction générale du port. Elle va être discutée prochainement dans le cadre de la convention de branches entre le groupe Serport et la Fédération des travailleurs des ports algériens.» En attendant, de nombreux bateaux sont en rade. D’autres n’ont pas pu quitter le port vers leurs destinations respectives. Quant aux gens de la mer, ils demeurent inflexibles. Ils crient à qui veut les entendre qu’ils ne céderont pas et espèrent même que leur mouvement de protestation fera tache d’huile au niveau des autres ports souffrant du même problème socioprofessionnel. Une action de justice en référé a été déclenchée par la direction générale pour statuer sur la légalité ou non de cette grève.  

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