lundi 8 janvier 2018

Le poids de la conjoncture

La présidentielle de 2019 aiguise les appétits. Si le président Abdelaziz Bouteflika ne présente pas sa candidature pour un 5e mandat, quel sera le candidat qui sera apte à répondre aux exigences, à la conjoncture et au temps dur et difficile qui attendent les Algériens ? Un 5e mandat sous-entend la continuité, mais un nouveau candidat sous-entend un renouveau, non seulement sur le plan politique, mais surtout économique, notamment en cette période de crise caractérisée par la chute du prix du baril de pétrole. Les spéculations vont bon train sur ce sujet et les excités de la politique avancent des noms : Ahmed Ouyahia, Abdelmadjid Tebboune, Abdelmalek Sellal, Ali Benflis et tant d’autres noms sont mis au-devant de la scène. En ce moment, ces acteurs et activistes politiques s’agitent, s’affrontent et se bousculent pour se positionner, mais le dernier mot reviendra aux vrais décideurs. «Ces personnalités ambitieuses ne sont que des acteurs de deuxième degré. Les premiers et véritables décideurs sont en train de regarder et d’observer avant de choisir l’homme du consensus, celui qui a l’adhésion de l’armée, des hommes d’affaires et de la population. L’homme qui est apte à livrer toute les batailles», explique un politologue. Les différents présidents ont été choisis pour pallier une conjoncture bien précise. Preuve étant : en 1992, sous de fortes pressions liées à l’arrêt du processus électoral, le président Chadli Bendjedid démissionne. Le pays est au bord du chaos, il est sous le choc : le Parlement a été dissous et un Haut comité d’Etat a été créé pour gérer les affaires de l’Etat. C’est en cette période de crise que Liamine Zeroual a été rappelé au poste de ministre de la Défense nationale. Partisan du dialogue avec tous les partis politiques du pays pour trouver «une solution consensuelle à la crise», Liamine Zeroual apparaît comme un compromis, et c’est à ce titre qu’il est désigné le 30 janvier 1994 à la tête de l’Etat par le HCE, remplaçant Ali Kafi pour assurer la période de transition avant d’organiser les élections en 1995, où il remporte le scrutin avec 61,3% des suffrages. Toutefois, en raison des tensions de plus en plus présentes au sommet, le président Zeroual, qui a reçu le soutien et l’appui de tout le monde, annonce en 1998 sa démission et la tenue d’une élection présidentielle anticipée pour 1999. Contre toute attente, Abdelaziz Bouteflika, l’ancien ministre et proche de Houari Boumediène lui succède. Il est choisi pour réconcilier les Algériens et mettre fin à une décennie rouge. Après un 4e mandat, l’Algérie ne se porte pas bien. Elle vit une crise économique aiguë et a besoin d’un nouveau souffle. Elle a besoin d’un homme qui apporte de l’oxygène et qui ose opérer un changement dans les pratiques politiques, un homme qui devrait mettre fin à cette navigation à vue dans la prise de décision. Ahmed Ouyahia, l’homme des sales besognes, l’homme qui est en train de se forger une posture présidentielle, peut, selon les observateurs, être l’homme de la situation, mais selon d’autres, il ne fait pas l’unanimité. Nabila Amir  

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