mardi 16 janvier 2018

Le patronat défend l’option d’un partenariat public-privé

Des chefs d’organisation patronale continuent de défendre l’option d’un partenariat public-privé (PPP) alors que le président Bouteflika vient de recadrer son Premier ministre sur le projet de privatisation des entreprises publiques. «Le président de la République est souverain et décide au nom du peuple. Je pense que son intervention visait à mettre fin à l’interprétation erronée de ce qui est ressorti lors de la réunion du 23 décembre (tripartite, ndlr). Sa sortie est venue à point nommer pour arrêter une certaine interprétation des choses. Car, chacun interprète à sa manière, parfois pour des questions d’intérêts. En fin de compte, il fallait mettre le holà !» a réagi Mohand-Said N’ait Abdelaziz, président de la Confédération nationale algérienne du patronat (CNPA), joint hier par téléphone. Une directive présidentielle adressée aux ministères  «subordonne désormais tout projet d’ouverture du capital (…) à l’accord préalable» du président de la République. Déplorant un emballement médiatique autour de la question de la privatisation, sujet hautement sensible, il a relevé que la charte du PPP signée au cours de la dernière réunion de la tripartite avait plutôt pour objectif de remettre aux normes le secteur économique national dans toute sa composante, public et privé. «Au CNPA, on s’était toujours prononcé en faveur du PPP. Pour moi, le fonctionnement de l’économie algérienne doit s’appuyer sur deux béquilles dans un premier temps», a expliqué notre interlocuteur, en insistant sur la notion de «complémentarité» entre les deux secteurs, essentielle pour la relance de l’économie. Selon lui, le temps des privatisations des entreprises publiques, dont le bilan est tout sauf réjouissant, est révolu. «A propos des privatisations, nous avons tout fait de travers ! On a voulu précipiter les privatisations et ça a donné les résultats qu’on connaît. Maintenant, on a changé d’approche et on parle désormais de partenariat public-privé, deux secteurs qui se sont toujours tourné le dos depuis 1962. On ne peut pas d’un revers de la main exclure le public, c’est inimaginable !» précise-t-il, relevant que le secteur public devrait se concentrer seulement aux aspects stratégiques de l’économie dans «l’intérêt» du pays. Boualem M’rakech, président de la Confédération algérienne du patronat (CAP), a abondé dans le même sens, tout en réclamant la mise en place d’un dispositif réglementaire au sujet de la charte signée entre le gouvernement, l’UGTA et certaines organisations patronales. «Une charte de partenariat public-privé n’est ni une loi ni un dispositif légal et réglementaire. J’avais demandé la mise en place d’un dispositif. A la CAP, nous disons que pour qu’une évolution positive du développement économique se fasse, il faut qu’il y ait pour chacune des actions à mener un dispositif légal et réglementaire», a-t-il recommandé, en s’abstenant de commenter la mise au point présidentielle. Boualem M’rakech s’est élevé contre la confusion faite entre la question des privatisations des entreprises publiques et le partenariat public-privé. «Les gens confondent entre la privatisation et la participation public-privé. Le PPP, qui n’est pas une forme de privatisation, est une action partagée entre les deux secteurs, qu’ils soient étrangers ou locaux. Voici tel que défini par nous et un peu partout dans le monde. Nous considérons que le PPP est un apport supplémentaire dans le cadre du développement économique et social», argue-t-il. Ceci dit, «il faut impérativement sauvegarder les entreprises publiques et particulièrement les entreprises stratégiques. Il faut aussi une démarche et une vision pour que les autres entreprises qui sont en décrépitude soient renforcées», a plaidé le président de la CAP.

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