jeudi 18 janvier 2018

Des réfugiés «rapatriés» à bord de camions

Les pouvoirs publics relancent l’opération de rapatriement des migrants subsahariens vers leur pays d’origine en passant par le Sud algérien. Dans la wilaya de Béjaïa, l’opération, apparemment la première d’une série qui suivra, a été exécutée hier à Akbou, l’une des villes de la wilaya où est concentré un nombre important de migrants. Les services de la police sont intervenus au niveau de la crèche communale qui abritait un bon nombre de ces migrants qui sont pris en charge par les soins du Croissant-Rouge algérien. Selon la Ligue algérienne de défense des droits de l’homme (LADDH), les services de sécurité sont intervenus tôt dans la matinée pour évacuer quelque 200 migrants à bord de camions. Selon la LADDH, la crèche communale servait de centre d’accueil depuis deux ans. Elle a été vidée de ses occupants qui, suppose-t-elle, sont acheminés «certainement vers le Sud pour être renvoyés dans leurs pays d'origine». Les opérations de rapatriement ciblent les migrants qui se trouvent dans des centres d’accueil de fortune, où les forces de sécurité ne trouvent pas de difficultés à les faire monter avec bagages dans des camions. La LADDH voit d’un mauvais œil ces opérations qu’elle assimile à des expulsions massives. «Nous insistons sur le fait que ces opérations sont en contradiction avec les conventions internationales ratifiées et les engagements de l'Algérie en matière de respect des droits des réfugiés et des migrants. Nous n'avons pas cessé de rappeler que toute réponse doit être encadrée par la loi, avec garanties de droit de recours et de protection aux migrants et réfugiés», écrit la ligue dans une déclaration. Les «expulsions» sont décidées «alors que notre gouvernement n'a pas cessé de présenter ces opérations comme du rapatriement volontaire à titre humanitaire et à la demande du gouvernement pour le cas des ressortissants du Niger». Pour la ligue, la réponse que réserve le gouvernement à la problématique des réfugiés, et dont la dernière opération de rapatriement remonte à l’été passé, est «inappropriée et condamnable à tous les égards» au moment où le pays ne se dote pas de «cadre légal national en conformité avec le droit international universel traitant de la question des réfugiés». Le gouvernement est interpellé pour mettre fin «à ces opérations d'expulsion et mettre en place d'urgence un cadre légal pour la protection des réfugiés et des migrants et la lutte contre le trafic des migrants».  

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