samedi 20 janvier 2018

«A l’horizon 2030-2035, tout ce que nous produirons comme hydrocarbures suffira à peine à couvrir les besoins internes»

A voir les premiers résultats de la mise en œuvre du programme national d’efficacité énergétique et du développement des énergies renouvelables, on a comme l’impression que nous sommes, tout compte fait, loin des objectifs initialement fixés. A quoi est dû ce retard à votre avis ? Par rapport au programme national d’efficacité énergétique, nous commençons à peine à faire quelques pas, même si, comparativement aux objectifs initialement fixés, nous sommes un petit peu loin du compte. Je préfère dire que sur ce programme, nous sommes plutôt en train d’avancer. La problématique qui se pose néanmoins est qu’une réglementation thermique algérienne existe depuis 1999 et si nous avions commencé à l’appliquer depuis cette date, nous n’aurions même pas eu besoin qu’au niveau de ce programme national d’efficacité énergétique le secteur de l’habitat soit la cible. Malheureusement, la réglementation thermique algérienne n’est pas concrètement appliquée sur le terrain. Il faut que vous sachiez que le Centre de développement des énergies renouvelables (CDER) n’est qu’un organisme de recherche qui ne peut que proposer des solutions, mais si nous avions appliqué la réglementation, dont je vous parle, le patrimoine immobilier aurait pu passer d’une situation privilégiant le bâtiment assez énergétivore à un bâtiment économe. Par-dessus tout, nous aurions pu économiser 50% de la consommation énergétique des bâtiments. Vous estimez très clairement que ce retard pourrait exposer le pays à une grave crise énergétique à l’horizon 2030, qui se traduirait par un arrêt des exportations d’hydrocarbures du fait de la hausse effrénée de la consommation interne et du déclin de la production des hydrocarbures. Ce scénario est-il probable ? Le constat est là ; notre consommation interne d’énergie ne cesse d’augmenter d’année en année, à un moment où notre production  en hydrocarbures connaît un déclin depuis 2007, date à laquelle elle avait connu un pic et amorçait une dégringolade ininterrompue. Ces deux indicateurs font qu’à l’horizon 2030-2035, tout ce que nous produirons comme hydrocarbures suffira à peine à couvrir les besoins internes. Et c’est notre sécurité énergétique qui est en jeu. Des programmes avaient été adoptés dans le but que cette sécurité énergétique soit renforcée à la même échéance. Nous en avons assez discuté, il est plutôt temps d’aller un peu plus rapidement dans leur mise en œuvre. Pensez-vous que l’actuel modèle énergétique de l’Algérie favorise le gaspillage des ressources énergétiques et financières ? Le premier facteur qui favorise le gaspillage est le coût de l’énergie consommée. Le kilowatt en Algérie reste parmi les plus bas au monde et cette situation de bas prix n’incite aucunement à l’économie de l’énergie. Je pense qu’il serait judicieux de revoir la tarification par l’identification de paliers au-delà desquels les consommateurs doivent payer l’énergie au prix réel. Je ne plaide aucunement à ce que les ménages soient touchés par cette révision, mais on pourrait aller vers un barème de tarification en fonction des niveaux de consommation. Je trouve anormal que les gros consommateurs paient l’électricité au même prix que les ménages.

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