mardi 5 décembre 2017

Mellouk continue à réclamer justice

En dépit de la relaxe prononcée par la cour d’Alger en sa faveur, Benyoucef Mellouk, celui qui avait fait éclater, au début de l’année 1992, le scandale des magistrats faussaires, continue à réclamer justice. Pour lui, cette décision le renforce dans sa volonté de poursuivre son combat, mais aussi à se faire réhabiliter… Après 18 ans de tracasseries judiciaires, marquées tantôt par des passages en prison, tantôt par des condamnations à des peines de prison, Benyoucef Mellouk, l’auteur du scandale des magistrats faussaires, relaxé récemment par la cour d’Alger, reste convaincu de la «nécessité» de poursuivre son combat pour la vérité. La décision de la cour, dit-il, «n’a aucune importance» dans la mesure où «elle a mis fin à une machine répressive sans pour autant me rendre justice». «Cette affaire pèse lourdement sur ma vie depuis 1992. Moi, je n’ai fait que dénoncer  la mafia politico-financière à travers ce grand scandale des magistrats faussaires, qui ont présenté de fausses attestations de membres de l’ALN pour intégrer les rangs de la magistrature. A l’époque, j’avais recensé 520 dossiers avec preuves à l’appui, que j’ai d’ailleurs remis au procureur général Abdelmalek Sayah, en présence de son adjoint. En mars 1992, un juge d’instruction a été désigné pour mener l’instruction. Depuis, ces magistrats n’ont jamais été inquiétés, tout simplement parce que parmi eux se trouvaient de nombreuses personnalités bien placées. En récompense pour mon travail, j’ai été poursuivi, incarcéré et condamné à des peines de prison. J’ai passé 26 ans entre les tribunaux et les cours. Ma vie a été un cauchemar et ma famille vivait l’enfer avec moi. Mais ceux que j’ai dévoilés vivent le plus normalement du monde. Bon nombre d’entre eux ont leurs enfants dans les rouages de la magistrature et qui m’accostent à chaque fois, sur ce dossier», lance notre interlocuteur. Infatigable, il ne compte pas baisser les bras. «Je continuerai mon combat pour que les documents en ma possession soient largement diffusés.» Revenant à la plainte pour diffamation, déposée en 1999 par l’ancien ministre des Moudjahidine, Mohamed Djeghaba, contre Benyoucef Mellouk, et qui a abouti, 18 ans après, à une relaxe, notre interlocuteur s’est déclaré «surpris» par l’information, lorsqu’une journaliste la lui a annoncée par téléphone. «Ni moi ni mon avocat n’avions été convoqués pour entendre cette décision étonnante, qui à mon avis a été prise pour calmer les esprits. Je ne comprends pas pourquoi nous ne sommes pas convoqués aux audiences. Le 12 novembre dernier le juge avait rapidement examiné le dossier, avant de demander une enquête complémentaire. Le 28 du même mois, il décide de la relaxe. A aucun moment, nous n’avons été informés pour être présents ou entendus. Mieux encore. Lorsque je suis allé retiré le dernier arrêt de la cour d’Alger, les greffiers ont refusé catégoriquement de me le remettre. Ils m’ont dit qu’ils avaient reçu une instruction du procureur général. J’ai informé mon avocat, lequel a été le récupérer», révèle Mellouk. Il persiste à affirmer que l’affaire des magistrats faussaires «ne peut être close», avec la relaxe dont il a bénéficié. «Cette décision prouve au moins que ce que j’ai dit est vrai et qu’il n’y a aucune diffamation. Ce qui me renforce dans ma volonté de continuer le combat. A cause de cette affaire, ma carrière de plus de 30 ans en tant que cadre du secteur de la justice a été stoppée net. Le ministère de la Justice ne m’a pas notifié l’arrêté interministériel de ma mise à la retraite dans le cadre de la loi sur les Moudjahidine. N’était ma petite pension d’ancien moudjahid, je ne sais pas ce que je serais devenu. Rien que pour cette situation, je ne peux arrêter de clamer justice», déclare Mellouk, qui visiblement ne veut pas enterrer sa hache de guerre contre les magistrats faussaires.  

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