mardi 26 décembre 2017

Médias : Année mortelle pour la presse

L’année 2017 qui s’achève emporte avec elle des pans entiers de la liberté de la presse dans le pays. C’est l’année durant laquelle des journaux, parfois emblématiques, ont disparu de la scène médiatique nationale. Ainsi, le journal francophone La Tribune a disparu des étales en août dernier. Deux mois après le décès brutal de son directeur et un des fondateurs, à savoir Hassan Bachir-Cherif, la publication a cessé de paraître pour des raisons «économiques». Deux des actionnaires du journal ont déposé une demande de mise en liquidation pour défaut de paiement. La justice a répondu favorablement à la requête, au grand désespoir des héritiers de Kheiredine Ameyar, l’ancien directeur et fondateur, décédé en 2000. Les salariés de l’entreprise, choqués d’apprendre un matin qu’ils ont perdu leur emploi, attendent toujours la décision du liquidateur qui devrait, en principe, les indemniser. A cause notamment de la crise économique, d’autres journaux, moins connus, ont mis la clef sous le paillasson. Cela au moment où des entreprises médiatiques peinent à honorer leurs engagements. Des dizaine de salariés des sociétés de presse sont sans salaire depuis plusieurs mois. Il n’y a pas que la crise économique qui menace les médias. La pression politique du pouvoir achève le peu de «vie» qu’a laissé la crise économique aux médias. Le journal El Fadjr ne reçoit plus de publicité publique depuis le mois d’août à cause d’une intervention télévisée de sa directrice, Hadda Hazem. Cette dernière a effectué une grève de la faim qui a duré une semaine. Une occasion de voir les hommes et femmes des médias se solidariser avec la journaliste. Sous la double «peine», politique et économique, l’année qui s’ouvre verra d’autres médias disparaître. Ce sera des dizaines de salariés qui se retrouveront à la recherche d’un nouvel emploi !               

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