jeudi 16 novembre 2017

Un report et des interrogations

Surprise au palais. Alors que les médias proches du pouvoir ont annoncé la tenue d’un Conseil des ministres pour ce mercredi, une dépêche de l’agence officielle APS a précisé, hier en fin d’après-midi, que la réunion était annulée. L’agence cite une «source autorisée». Elle n’est donc pas identifiée. «Le Conseil des ministres, prévu initialement ce mercredi, est reporté pour mercredi 22 novembre 2017», note la même source, précisant qu’«il aura à examiner notamment un avant-projet de loi sur les pratiques commerciales, la répression des fraudes et l’apprentissage», indique seulement la dépêche. Même les ministres n’ont été avertis que tardivement. Ils ont tout simplement été informés que la réunion était annulée. Sans plus. La veille, c’est sur certains sites et une chaîne de télévision, souvent utilisée par le pouvoir ces derniers temps, que l’information évoquant la tenue d’un Conseil des ministres pour mercredi a circulé. Aucun communiqué officiel ni dépêche de l’agence officielle ne donnent l’information. Mais l’alignement des policiers et gendarmes, tout le long de la route qui mène de Zéralda, lieu de résidence du chef de l’Etat depuis au moins 2013, a confirmé que Abdelaziz Bouteflika devait tenir une activité officielle. Tout au long de la journée d’hier, rien n’indiquait que la rencontre allait être annulée. Que s’est-il passé ? Dans un pays où l’information officielle est souvent escamotée, il est difficile de donner une réponse à ce report. Mais cela tombe mal pour un pouvoir qui tente de démontrer que malgré son lourd handicap, le chef de l’Etat a repris ses activités. Par ailleurs, les autorités ont distillé des rumeurs indiquant qu’après la tenue du Conseil des ministres ce mercredi, Abdelaziz Bouteflika devra se rendre à la mosquée Ketchaoua. L’édifice religieux, qui remonte à la période ottomane, a été réhabilité avec l’aide des autorités turques. Plus que cela, l’annonce de la visite du président français, Emmanuel Macron, pour le 6 décembre prochain a même redonné de la confiance aux partisans du chef de l’Etat. La situation est d’autant plus compliquée que la réunion du Conseil des ministres est reportée pour mercredi 22 novembre, soit la veille des élections locales. Le rendez-vous est pris.         

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