lundi 13 novembre 2017

«Nous n’avons aucune confiance dans ce gouvernement»

Louisa Hanoune a gratifié Ouargla d’un meeting percutant et porteur de messages forts. Un long plaidoyer pour les franges sociales faibles et défavorisées. Un appel non pas à laisser l’arène politique vide «en faveur des candidats des partis du chaos», mais «à la mobilisation citoyenne autour des candidatures propres et compétentes». Virulente, acerbe, fustigeant l’actuel gouvernement qu’elle accuse «d’appauvrir le peuple et d’ouvrir grandes les portes aux voleurs de tout acabit, aux charognards nationaux et étrangers sous prétexte de faire d’Alger une place financière internationale», la secrétaire générale du Parti des travailleurs n’a pas mâché ses mots devant un public venu spécialement pour elle, à la salle des spectacles de la maison de la culture Moufdi Zakaria, qui a résonné aux éclats de ses chiffres brandis pour mieux mettre en garde le gouvernement contre ses dérives, mais aussi ses invectives en direction de la classe politique. «Alger est en passe de devenir un haut lieu de blanchiment de l’argent sale, où les règles et les standards nationaux partiront en éclats», a crié Louisa Hanoune qui met en garde le gouvernement contre sa politique d’encouragement des crédits à la consommation au détriment de l’amélioration des salaires et du pouvoir d’achat du citoyen. «Ce gouvernement va à-tout va, il veut étrangler les ménages et les livrer à l’hypothèque bancaire qui les mettra à la rue sans aucun état d’âme», prévient Mme Hanoune à coups de chiffres mirobolants interpellant les consciences. Même les chômeurs auront grâce à ses yeux cette fois-ci, elle, qui les traitait en 2013 et 2014 de traîtres et d’agents de Freedom House, compatira au sort des diplômés postés depuis cinq mois devant le portail de la wilaya à quémander un emploi. «Cette crise du chômage dans un gisement d’emploi est significative à plus d’un titre, elle veut tout simplement dire que ce gouvernement continue à privilégier une minorité d’Algériens et des multinationales au détriment du peuple qui souffre d’exclusion et d’austérité.» Tout à fait d’accord avec le FMI et réitérant son refus de voir l’Algérie recourir à la planche à billets sans contrepartie en or, ni en devises, ni en ressources renouvelables, Mme Hanoune estime que la politique d’austérité est mal pensée et mal engagée, mettant le pays en danger. Elle explique que la pauvreté et l’indigence sont le terreau du terrorisme et de la violence, soulignant que ces mesures qui gèlent le développement des wilayas du Sud en premier lieu et notamment Ouargla sont «insoutenables en raison du retard dans la mise en place d’une infrastructure socioéconomique solide, d’équipements publics conséquents et d’une ressource humaine valorisée via des postes d’emploi stables au moment où les bourses de l’Etat le permettaient». Ces dysfonctionnements seront-il corrigés par la loi de finances 2018 avec un budget d’équipement amenuisé de 38%, des départs en retraite non remplacés pour la troisième année consécutive ? Mme Hanoune, qui avance que 14 520 postes ne seront pas pourvus et que le taux de chômage repartira en flèche avec le gel des salaires et des pensions des franges défavorisées de la société, estime que les futurs élus savent d’avance qu’ils sont candidats à la gestion de la pauvreté et de la colère populaire sous une politique asociale.  

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