lundi 20 novembre 2017

Non à l’étouffement des médias

Le rassemblement vise notamment à interpeller les autorités du pays sur la nécessité non seulement de sauver le journal El Fadjr, dont la directrice est en grève de la faim depuis une semaine, mais également tout un secteur qui est largement fragilisé. Dans un communiqué rendu public, le comité de soutien au journal El Fadjr informe qu’il n’a pas été reçu hier par le ministre de la Communication lors de son déplacement au siège de ce département. Face à la mobilisation des journalistes, les autorités préfèrent faire la sourde oreille. La grève de la faim que mène depuis une semaine la directrice d’El Fadjr, Hadda Hazem, ne semble donc pas interpeller le gouvernement qui se recroqueville sur son refus d’ouvrir ne serait-ce qu’un dialogue avec les professionnels. Ainsi, lorsqu’une délégation des journalistes composant le comité de soutien au journal El Fadjr s’est déplacé, hier, au ministère de la Communication, le locataire des lieux était absent. Ils ont été reçus par un conseiller du ministre, à savoir Madjid Bekkouche. «Une entrevue a eu lieu entre deux portes avec Madjid Bekkouche, conseiller du ministre, pendant laquelle les membres de la délégation ont fait état de la gravité de la situation de Hadda Hazem et de la nécessité d’une réaction rapide du ministre de la Communication», indique un communiqué signé par les 9 journalistes qui ont conduit la délégation. En guise de réponse, le responsable a «promis de faire part de cette urgence au ministre». En attendant de pouvoir parler directement à Djamel Kaouane, le comité de soutien à Hadda Hazem a décidé de tenir, aujourd’hui, un rassemblement à la maison de la presse Tahar Djaout, à Alger. Le rassemblement, «ouvert aux citoyens», vise notamment à interpeller les autorités du pays de la nécessité non seulement de sauver le journal El Fadjr, dont la directrice est en grève de la faim, mais également tout un secteur qui se meurt. Car, à travers le cas de ce journal arabophone, c’est la gestion publique de la publicité étatique qui est remise en cause. «Le comité de soutien appelle l’ensemble des médias, leurs directions et collectifs, à se mobiliser pour obtenir la levée du monopole sur la publicité publique. Ce monopole au nom de la collectivité nationale, combiné à la pression exercée sur les annonceurs privés, permet au pouvoir politique de mettre au pas et d’étouffer les médias», note ce comité de soutien dans un communiqué diffusé samedi. En attendant, des organisations de la société civile, des partis politiques et des personnalités continuent d’exprimer leur solidarité à Hadda Hazem. C’est le cas de Rassemblement Actions Jeunesse (RAJ) qui dénonce, dans un communiqué, les menaces qui pèsent sur «la liberté de la presse en Algérie» et rappelle que «des journalistes ont été interpellés et poursuivis en justice pour leurs écrits, plusieurs dizaines de journaux ont été fermés suite au monopole de l’Etat sur la publicité publique, unique source de revenu pour les médias algériens, avec laquelle les pouvoirs publics exercent une pression sur les journaux». L’association appelle, entre autres, à «la levée du monopole de l’Etat sur la publicité publique en garantissant une gestion transparente et une distribution équitable de la publicité publique» et «dénonce ces atteintes aux libertés d’internet, de la presse et d’expression ainsi que l’utilisation de la publicité pour faire pression sur les médias indépendants en vue de les étouffer», suite aux restrictions exercées contre le site TSA, inaccessible sur les réseaux Algérie Télécom depuis plus d’un mois.

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