mercredi 8 novembre 2017

Marche nationale le 11 janvier 2018 à Tizi Ouzou

La coordination nationale des comités de soutien aux travailleurs du groupe Cevital et aux investisseurs économiques vient de naître. Cette coordination est constituée des comités de soutien aux travailleurs du groupe Cevital — regroupant des syndicalistes, des militants politiques et des représentants d’associations citoyennes issus de plusieurs wilayas du pays —, créés suite au blocage du projet d’usine de trituration de graines oléagineuses dans la ville de Béjaïa. La coordination a été constituée, hier, à l’issue d’une réunion tenue à Alger, ayant regroupé les représentants des comités de soutien aux travailleurs de Cevital venus de plusieurs wilayas, soutenus également par le militant politique Djamel Zenati et des députés du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD). La réunion a eu lieu après qu’une délégation des comités de soutien ait déposé une lettre ouverte au Premier ministre. Le document  remis hier aux services du cabinet d’Ahmed Ouyahia comprend une demande d’audience au Premier ministre et un rapport détaillé sur la situation de blocage dont souffre le projet du groupe Cevital. La coordination des comités de soutien aux travailleurs du groupe Cevital et aux investisseurs économiques a décidé d’organiser une marche nationale à Tizi Ouzou le 11 janvier 2018, annonce Mourad Bouzidi, porte-parole de la coordination, contacté par El Watan. La coordination lance un appel à la mobilisation «pour dénoncer la politique de deux poids deux mesures réservée aux investisseurs». Car, soulignent les représentants de la coordination, au moment où le groupe d’Issad Rebrab fait face à des blocages pour lancer son projet d’usine de trituration de graines oléagineuses dans la ville de Béjaïa, des facilitations énormes sont accordées à d’autres hommes d’affaires, rappelant le préjudice économique résultant de ce blocage, au moment où le gouvernement peine à faire démarrer une économie alternative à la rente pétrolière. Il convient de souligner que la lettre déposée hier au niveau des services du Premier ministère est la troisième après celles adressées à Abdelmalek Sellal et à son successeur, Abdelmadjid Tebboune. Le Premier ministère a déjà été interpellé sur les différents blocages que subit le groupe Cevital. Il est à rappeler que l’Entreprise portuaire de Béjaïa (EPB) a refusé, le 27 mars 2017, de permettre l’accostage et le déchargement d’un navire transportant des équipements industriels destinés à l’usine de trituration de graines oléagineuses de Cevital Spa. Le même refus a été renouvelé à un nouveau navire transportant un complément d’équipements pour la même usine, en date du 18 mai 2017. En août dernier, comme l’a rappelé le comité dans une précédente lettre ouverte, le directeur du port de Béjaïa a interdit le débarquement de 16 conteneurs transportant des équipements industriels destinés à Cojec El Kseur et à la raffinerie de sucre. En septembre dernier, l’EPB a déchargé puis refoulé 4 conteneurs transportant des intrants industriels pour la margarinerie de Béjaïa et des consommables d’emballage destinés au conditionnement de sucre et d’huile, lit-on dans le même document. Dénonçant «un comportement illégal et dangereux dont les conséquences sont très graves sur la crédibilité et l’image du pays», le comité de soutien aux travailleurs de Cevital souligne que «les raisons invoquées par le directeur de l’EPB, à savoir la saturation de l’espace portuaire, alors que Cevital dispose d’un terrain réservé à ce projet et qui se trouve en dehors du port, ne justifient pas son refus de traiter et de décharger les navires transportant les équipements destinés à l’usine de trituration de Cevital». Grâce à la mobilisation et l’organisation ayant caractérisé la marche organisée à Béjaïa, il y a une semaine, la coordination nationale des comités de soutien aux travailleurs de Cevital espère un changement d’attitude du gouvernement qui s’est muré jusque-là dans le silence. «D’autres actions seront envisagées si notre interpellation n’obtient pas d’écho», ajoute M. Bouzidi.  

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