mercredi 15 novembre 2017

«La situation exige un courage politique et une bonne gouvernance»

Les députés de l’opposition reviennent sur les 12 000 milliards de dinars non recouvrés et reprochent au gouvernement son manque de courage et de volonté dans l’application de la loi pour les récupérer. Les chefs de groupes parlementaires de l’opposition à l’Assemblée populaire  nationale (APN) dénoncent «la mollesse» du gouvernement et «son manque de courage» à prendre les mesures qui s’imposent pour faire face à la crise actuelle. Critiquant sévèrement le recours à l’augmentation des taxes qui aggraveront, selon eux, davantage la pression qui pèse sur le front social, les représentants du PT, du FFS, du MSP, de l’alliance FJD-El Bina-Ennahda et du front El Moustakbal chargent l’Exécutif. «La situation actuelle nécessite un gouvernement qui n’hésite pas à utiliser tous les moyens légaux pour récupérer les deniers publics, notamment les impôts non recouvrés dont le montant s’élève à 12 000 milliards de dinars. Cette situation nécessite du courage et de la volonté politique dans l’application de la loi. Elle nécessite aussi une réelle volonté de lutter contre la corruption (…)», lance Ramdane Taazibt qui est intervenu au nom du groupe parlementaire du Parti des travailleurs (PT). Selon lui, la crise actuelle est d’abord «politique par excellence», car «le pays n’est pas en faillite mais il dispose encore de richesses financières, naturelles et humaines qui lui permettront de voir le bout du tunnel». Ainsi, dit-il, «au lieu de sanctionner le simple citoyen, le gouvernement devrait obliger les hommes d’affaires à déclarer 5 millions de travailleurs pour éviter la faillite de la CNAS». «Il devra aussi imposer un vrai impôt sur la fortune, au lieu de se contenter des miettes proposées dans ce projet. Au lieu d’une réforme fiscale qui instaurera l’égalité entre les citoyens devant l’impôt, il a imposé un système injuste où la participation des travailleurs est supérieure à celle des entreprises», déplore-t-il. Crise de gouvernance Pour le chef du groupe parlementaire du FFS, Chafaâ Bouiche, la crise est essentiellement «celle de la gouvernance». «Nous ne pouvons pas faire une lecture purement comptable et budgétaire de ce projet de loi de finances. Qui dit loi, dit esprit de la loi. Et l’esprit de ce projet de loi peut être résumé en un mot : faiblesse ! Une faiblesse structurelle de la gouvernance nationale qui, depuis des décennies, la conduit  vers les solutions qui lui semblent les plus faciles mais qui sont les plus coûteuses pour le pays et pour le peuple, pour l’économie et son décollage attendu depuis des décennies, pour la société et le fonctionnement apaisé de la vie institutionnelle et publique», dit-il, insistant sur l’importance de retrouver la «confiance perdue». «Ni le mode de gouvernance, ni la façon dont ce mode de gouvernance impacte au quotidien les citoyens n’inspirent confiance», soutient-il. Dans son intervention, le représentant du FFS condamne également le «silence officiel face au conflit opposant le groupe Cevital au premier responsable du port de Béjaïa». «Il n’y a pas d’autre issue à la crise sans la construction d’un Etat de droit comme conséquence d’un consensus national. Un Etat national et démocratique», ajoute-t-il. Le chef du groupe parlementaire de l’Alliance islamiste Ennahda-Adala-Bina, Lakhdar Benkhallaf, a axé, quant à lui, son intervention sur ce qu’il appelle «la remise en cause de l’Etat social». «Le PLF remet en cause le principe même de l’Etat social consacré par la Proclamation du 1er Novembre 1954. Il accentue l’érosion du pouvoir d’achat des citoyens qui a baissé de 40%», déclare-t-il. Le porte-parole de cette alliance reproche au gouvernement d’avoir introduit «beaucoup de taxes qui auront des répercussions sur la bourse des Algériens, soulignant au passage que l’augmentation de 7,9% des transferts sociaux a pour objectif l’achat de la paix sociale en prévision de la présidentielle de 2019».

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire