lundi 13 novembre 2017

«La justice refuse de me remettre mon jugement de relaxe»

Abdelamelk Melouk, lanceur de l’affaire des «magistrats faussaires», aurait bénéficié d’un jugement de relaxe dans l’affaire de diffamation l’opposant à l’ancien ministre des Moudjahidine, Mohamed Djeghaba. Les services de la cour d’Alger aurait refusé de lui remettre le document, confie le concerné à El Watan. «Je me suis présenté ce matin (hier) à la cour. Le parquet refuse de me remettre le jugement de relaxe au motif de ne pas provoquer un scandale à la veille de cette période marquée par la campagne électorale», signale l’ancien cadre du ministère de la Justice, qui affirme avoir eu effectivement connaissance du jugement en question, mais dont aucune copie n’a été «étrangement» remise à son avocat, Me Mokrane Aït Larbi. Citant une source à la Chambre pénal près la cour d’Alger, le quotidien El Hayat a révélé l’existence de ce document qui relaxe le mis en cause dans l’affaire qui l’oppose à l’ancien ministre, dont le gendre a été cité dans le dossier des «magistrats faussaires» qui a défrayé la chronique durant la décennie 1990. «C’est 26 ans après l’éclatement de l’affaire que ce jugement intervienne. C’est intrigant, alors que dans l’affaire de Djeghaba, la justice (cour d’Alger) a demandé un complément d’information», s’indigne Melouk. L’ancien fonctionnaire du ministère de la Justice a été poursuivi à quatre reprises par des personnes mises en cause : Mohamed Djeghaba, Mohamed Salah Mohamedi (respectivement anciens ministres  des Moudjahidine et de l’Intérieur), des parents de ministre et des représentants du syndicat des magistrats. «J’ai eu quatre affaires en diffamation. J’ai été incarcéré et on m’a privé de mes droits civiques. Mon affaire est toujours pendante au niveau des instances», s’offusque Melouk. L’assainissement du corps de la magistrature avait été décidé en Conseil de gouvernement par le président Houari Boumediène (circulaire 640 du 24 octobre 1978). Chargé du dossier, l’employé Melouk, alors chef du contentieux au ministère de la Justice, a collecté 520 dossiers de juges qui ont bénéficié, grâce à des complicités, de fausses attestations pour accéder à leurs postes. Melouk, qui a subi des tracasseries, ne s’avoue pas vaincu et décide de poursuivre son combat contre les faux moudjahidine et ceux qui les soutiennent au sein du régime. «Malgré les risques, je ne me terrai jamais. Je continue mon combat jusqu’à l’éclatement de la vérité dans cette affaire. Le régime ne me laissera pas faire, puisque le dossier implique des faux moudjahidine et leur enfants, placés dans les rouages de l’Etat», assène-t-il, en serrant son cartable qui ne le quitte pas.    

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire