dimanche 12 novembre 2017

«Il faut agir sur les véritables causes des impayés»

Selon les données officielles, le taux des créances impayées au niveau des banques algériennes est estimé à 11% du total des crédits alloués. Ce taux est-il trop élevé par rapport aux normes en la matière ?   Plusieurs appellations désignent le taux des créances bancaires impayées, on parle de taux de défaut bancaire, de ratio des prêts non rentables ou encore de ratio des créances douteuses. En anglais c’est Non-Performing Loan (NPL) Ratio et c’est la désignation la plus communément utilisée dans l’industrie. Il s’agit en l’occurrence des incidents de paiement que connaissent les banques et les institutions financières, et donc indirectement le système monétaire. Et non pas les défaillances totales qui se terminent par le recours aux garanties ou par des poursuites judiciaires. Dans le contexte de l’Algérie, le taux des créances impayées, estimé à 11%, est important et on doit travailler à le réduire. Pour autant, des taux beaucoup plus élevés sont constatés à travers le monde, notamment en Afrique et en Asie centrale. Que faire, selon vous, pour stopper l’accumulation de mauvaises créances ? Il faudrait conduire une analyse à la fois quantitative et qualitative du ratio de NPL afin de comprendre les raisons qui ont conduit à cette situation. Par exemple, il est important d’identifier le profil des bénéficiaires et les raisons profondes ayant conduit au défaut, afin de se donner les moyens d’agir sur les véritables causes qui conduisent aux créances douteuses. La réintroduction des instruments de refinancement auprès de la Banque d’Algérie risque-t-elle d’aggraver le niveau des créances improductives ? En elle-même, la nouvelle politique de la Banque centrale, avec notamment le recours aux réescomptes et l’Open-market, ne peut pas à elle seule aggraver ou augmenter le ratio des NPL. Ce sont plutôt les banques commerciales publiques et privées qui possèdent les leviers d’action directe sur les NPL. La Banque centrale, en introduisant le réescompte et l’Open-market, offre aux banques de la place la possibilité de se fournir en liquidité, par la cession des effets bancaires. Encore plus dans le cas de l’Open-market, la Banque centrale pourrait agir pour augmenter ou faire baisser la liquidité bancaire en achetant ou vendant définitivement certains titres, essentiellement les bons du Trésor public. Dans le contexte de l’augmentation de la liquidité des banques commerciales, toute la question est celle de l’approche prudentielle et de la stratégie de risque qu’elles vont adopter, lorsque leurs caisses seront renflouées. L’économie ayant toujours besoin de se financer, il faudrait se donner les moyens humains et l’expertise nécessaires pour faire la part des choses entre les acteurs et les projets économiques viables, et les projets douteux sans véritable modèle économique.  

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