lundi 20 novembre 2017

En quête de locaux et de marchés

Les microentreprises créées dans le cadre de l’Ansej et de la Cnac luttent pour leur survie. Les différents dispositifs de création d’entreprises, l’Ansej et la CNAC, peinent à assurer des marchés aux jeunes entrepreneurs. Certes, beaucoup d’améliorations ont été apportées à ces dispositifs pour accorder des crédits et contribuer, à travers des formations ciblées et des conventions de partenariat, à l’insertion économique des jeunes. Néanmoins, le marché demeure hermétique devant les offres de services. A la Cnac, on multiplie les aides en direction surtout des diplômés de la formation professionnelle et à un degré moindre, pour ceux issus de l’université (3%), alors que les incarcérés dans les centres de rééducation (15 en 2017), et les handicapés (46 durant la même année), arrivent loin devant les femmes au foyer. Ces dernières se manifestent de plus en plus (374 financements) et réussissent plus facilement, à l’exemple de cette jeune fille qui a investi dans un créneau peu conventionnel, l’optique. En tout, 699 nouveaux emplois ont été créés. Quant aux entrepreneurs qui ont entamé le remboursement de leurs dettes, ils dépasseraient les 50% et seulement 5% ont bénéficié d’un rééchelonnement. Le reste n’aurait pas dépassé les trois années de sursis. On met en avant ici le cas d’une jeune femme qui a bénéficié d’un crédit qu’elle a remboursé pour en demander un autre dans le but de faire une extension de ses activités de produits alimentaires traditionnels. Mais il s’agit d’un cas d’exercice d’un métier à la maison avec des fours achetés à crédit. En un mot, l’exigence d’un local ne se pose pas pour elle, au moment où des entrepreneurs se plaignent de la difficulté d’en avoir un. Cette dernière situation a nécessité l’intervention du wali de Boumerdès pour affecter les locaux du Président prioritairement aux femmes qui ont besoin d’un atelier ou d’un local commercial. A condition qu’elles acceptent de travailler dans des endroits souvent mal situés commercialement. Ce qui n’est pas évident. Contrairement à la CNAC, qui lutte contre le chômage et la précarité et dont les crédits n’excèdent pas les 100 millions de centimes, l’Ansej s’occupe surtout des diplômés de la formation professionnelle et des universitaires prétendant à un crédit, qui sont majoritaires par rapport aux autres franges de la société. L’existence permanente d’une antenne de l’Ansej au sein de l’enceinte universitaire et les conventions signées entre l’université et des entreprises publiques dans le cadre d’un partenariat pour des stages pratiques et, éventuellement, des sous-traitances, seraient à l’origine de cet engouement «boosté également par l’absence d’intérêts dans le crédit alloué», selon l’aveu de ce jeune versé dans la production de flexibles et sous-traitant pour une entreprise de montage de véhicules. Faute d’un local, il en a loué un avec un associé à la zone industrielle de Bordj Menaïel. Le directeur de l’Ansej de Boumerdès met en avant des cas de réussite à Ouled Moussa, comme ce jeune savetier qui a paraphé une convention avec la société des cuirs pour la matière première, ou à Dellys, pour cette jeune fille qui fabrique des produits parapharmaceutiques, ou encore ce tourneur des Issers. Il affirme insister sur les produits qui vont de pair avec les vocations économiques de la wilaya : agriculture, tourisme et industrie manufacturière. Pour réduire les risques, le jeune entrepreneur est formé à la gestion et à des rudiments de comptabilité. Mais le problème de l’obtention d’un local et l’accès au foncier restent entiers.  

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