mercredi 15 novembre 2017

Algérie-France : Macron enfin à Alger

Le président français, Emmanuel Macron, effectuera le 6 décembre prochain sa première visite en Algérie depuis son accession à la magistrature suprême. Hormis les dossiers économiques, il reste à savoir quels sont les autres volets de la coopération qui mériteraient l’attention des deux capitales, Alger et Paris. C’est une visite tant attendue par le gouvernement algérien. Le président français, Emmanuel Macron, se déplacera enfin à Alger le 6 décembre prochain. Et c’est lui-même qui a annoncé sa visite et de manière inattendue, hier, lors d’une visite à Tourcoing (nord de la France), même si ce déplacement était déjà dans «l’air» depuis peu. Il faut dire que depuis son élection, le président français avait exprimé à plusieurs reprises son «souhait» de se rendre en Algérie, lui qui était reçu à Alger en grande pompe pendant sa campagne présidentielle. C’est une visite nécessaire, voire indispensable au regard de sa portée  stratégique, de son poids symbolique et surtout de l’importance politique et économique. Cependant, le voyage du nouveau locataire de l’Elysée était difficile à organiser, en raison, notamment, de l’état de santé de son homologue, Abdelaziz Bouteflika. Une situation qui a mis les deux parties dans une situation embarrassante. Alger et Paris multiplient alors les «messages d’amitié» pour éviter que ne s’installe «un froid diplomatique», surtout qu’Emmanuel Macron se rendait au Maroc. Alors que traditionnellement, le premier déplacement du président français à l’étranger, en dehors de l’Union européenne, est effectué en Algérie. Il fallait donc trouver rapidement  le moment pour «faire ce voyage», et surtout avant la fin de l’année en cours. Parce que plus il est «ajourné», plus le doute prend place. Un «luxe» que les deux capitales ne peuvent se permettre. Les relations denses et multiples entre l’Algérie et la France, soumises parfois à des «tensions», exigent une réévaluation régulière et un renforcement permanent. La réunion au sommet entre les deux chefs d’Etat est la mieux à même de redonner du souffle aux relations, et ranimer le mouvement entre les deux rives de la Méditerranée. Surtout, elle permet de donner un nouveau cap et fixe de nouveaux objectifs stratégiques entre deux pays qui ont le «destin en commun». Il y a d’abord la problématique sécuritaire et l’urgence d’en finir avec le bourbier libyen et l’instabilité au nord du Mali, car il y va de la stabilité de l’Algérie et de la France. La solution de ces deux conflits exige des deux pays un dialogue franc et surtout une convergence de vues. A cela, s’ajoute la coopération  économique — question centrale et qui préoccupe Alger et Paris — qui reste en deçà des ambitions des deux pays, comme cela a été rappelé lors de la réunion du Comité mixte économique algéro-français qui s’est tenue dimanche passé. Bruno Le Maire,  ministre de l’Economie français, a précisé à ce titre que «la tendance n’est pas bonne. Avec mon ami Youcef Yousfi, nous sommes décidés à inverser cette tendance. Les chiffres sont sans appel. Notre part de marché est passée de 24% en 2000 à 10% aujourd’hui. Nous devons redresser la barre». Un redressement de situation qui passera nécessairement par la rencontre entre les deux présidents, algérien et français. Il faut dire qu’Emmanuel Macron est attendu à Alger avec un préjugé favorable et un terrain balisé. Son passage lors de la campagne présidentielle avait laissé «bonne impression» chez les dirigeants algériens qui voyaient en lui «un ami» de l’Algérie. Et des deux côtés de la Méditerranée, l’on n’ignore pas l’importance des relations humaines pour tisser et renforcer les liens. Entre les deux pays, il y a de la passion, un peu trop même, ce qui conduit parfois vers des tensions. Il est temps d’y mettre beaucoup de raison pour mieux avancer dans l’intérêt des deux peuples.

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