vendredi 13 octobre 2017

Ouargla : Enlisement du dossier de l’emploi

A Ouargla, quelque 71 associations de la société civile, y compris celles des notables des arouchs, ont lancé mardi une campagne de signatures de soutien à Ahmed Sioued, ex-directeur par intérim de l’agence de l’emploi de la wilaya de Ouargla, démis lundi de ses fonctions sur ordre de sa tutelle qui a nommé le directeur de l’agence de Cherea, dans la wilaya de Tébessa, à ce poste. Cette campagne initiée par les notables de la commune de Aïn Beïda, fief d’Ahmed Sioued, a été organisée pour apaiser le bouillonnement de la rue qui a poussé les jeunes de cette localité à bloquer la route principale menant à l’aéroport de Ouargla en passant par la base aérienne militaire et le siège de la 4e Région militaire, ce qui poussé les notables des quartiers de Aïn Beïda à solliciter l’appui du chef de la Région pour débloquer la situation explosive, au moment où Hassan Mermouri, ministre du Tourisme, effectuait une visite de travail et d’inspection à la wilaya de Ouargla et devait la quitter mardi soir via l’aéroport de Aïn Beïda. Pour les membres de l’association des notables de Aïn Beïda, cette rencontre avec le chef de la 4e Région militaire n’est pas la première. Elle fait suite à une rencontre similaire il y a deux ans, lorsque le cortège de la délégation du ministre de l’Intérieur, Noureddine Bedoui, avait été empêché par un groupe de jeunes manifestants de traverser l’axe principal menant de l’aéroport vers le chef-lieu de wilaya, sous prétexte de pannes récurrentes d’eau potable et d’absence de lieux de détente et de loisirs en été pour les enfants de Ouargla. Ce crime de lèse-majesté non évalué à sa juste mesure avait alors coûté son poste au chef de la sûreté de wilaya de l’époque. Le chef de la Région avait depuis avisé les notables de mieux encadrer ces jeunes et d’éviter de nouveaux blocages de route à Aïn Beïda. Au grand désarroi des vieux dignitaires, les jeunes de la localité ont violemment réagi à l’éviction d’un des leur d’un poste aussi sensible que celui de chef d’agence de l’ANEM dans la capitale du mouvement des chômeurs qu’est Ouargla. Même s’il ne s’agit pas du tout de membres affiliés à la CNDDC, ces jeunes se disent satisfaits de la prestation de Sioued et décidés à le soutenir. Les notables ont donc lancé une pétition qui a recueilli le paraphe et l’accord de la majorité des associations des cinq communes de la cuvette de Ouargla et fait son chemin à Touggourt et Hassi Messaoud, d’après les échos. Révolte aussi forte que celle ayant provoqué sa chute. Seul contre tous Alors que la bataille électorale des locales mobilise des dizaines de jeunes universitaires désireux d’entrer dans le cœur de l’APW et des APC dans une dynamique effrénée, la rue est ponctuée par de nouveaux groupes de chômeurs dénonçant l’exclusion, l’application partielle de l’inscription via le logiciel El Wassit, qui laisserait la main libre aux agents de l’ANEM pour favoriser des embauches clandestines, l’opacité empreignant les tests d’embauche, bref une gestion chaotique du flux d’offres d’emploi que l’ANEM est censée réguler et dispatcher avec équité sur les 21 communes de la wilaya de Ouargla en donnant la priorité aux enfants de la wilaya, selon les directives du Premier ministre, tout en introduisant une modernisation du profilage des inscriptions via le fameux logiciel acquis par l’agence et qui supplante petit à petit la gestion archaïque via des bulletins collectifs et des inscriptions à la carte. En ce 13 octobre 2017, Ouargla semble partagée en deux clans, l’un refusant le changement du directeur par intérim de l’agence AWEM de Ouargla et mobilisant toute la machine des associations légalement reconnues par l’administration via des agréments délivrés par la direction des affaires réglementaires de la wilaya, qui s’acharne depuis trois jours à recueillir le maximum de soutien à sa pétition, relevant textuellement «la promptitude du limogeage d’Ahmed Sioued, cadre issu de la wilaya de Ouargla, qui a permis une certaine avancée de la gestion du dossier de l’emploi par la généralisation du logiciel El Wassit». Cette pétition mentionne également le fait que «la personne nommée à la tête de l’agence AWEM de Ouargla n’ait pas les compétences requises pour gérer le dossier de l’emploi qui pose toujours problème». Les signataires exigent donc le maintien en poste de Sioued pour assurer un apaisement de la rue en attendant des jours meilleurs. Faire partir Sioued Autre son de cloche auprès d’une frange de chômeurs qui semble minoritaire par rapport à la déferlante associative officielle. Le collectif constitué d’une trentaine de personnes ayant tenté un suicide collectif lundi dernier avant de se résigner à ménager leur vie et prolonger la manifestation de force en sit-in permanent après la publication, le soir même, d’un listing des mutations et des fin de mission des chefs d’une vingtaine d’agences ANEM au niveau national, assume sa position, «tout le staff de l’AWEM doit être changé, y compris Sioued». Pour S. Lamri, porte-parole du collectif : «Nous resterons dehors jusqu’à ce que la DG de l’ANEM décide de congédier tout le monde et de nommer des personnes propres et intègres qui saurons nous recevoir et répondre à nos préoccupations.»  Dénonçant les déclarations jugées provocatrices de ce responsable contesté depuis plusieurs mois par les chômeurs et qui a réussi à mobiliser sa localité d’origine pour s’autoproclamer directeur de l’AWEM malgré son limogeage confirmé mercredi par Abdelkader Cheddad, chargé de communication de l’agence de wilaya, les contestataires en appellent au soutien des autres chômeurs neutralisés par le mouvement associatif. Sur les réseaux sociaux, des commentaires enflammés soulignent que «ce départ qui faisait l’unanimité il y a quelques semaines est devenu une réalité grâce à la pression de la rue». Pour certains facebookeurs, «la fibre régionaliste et tribale a encore eu raison de la lutte pour assainir l’administration de l’AWEM». L’intervention du chef de Région dans ce dossier en a étonné plus d’un qui s’attendaient au contraire à celle du wali de Ouargla pour calmer les esprits. D’aucuns estiment que Tahar Chaalal en personne serait incapable de maîtriser la situation, quand bien même la direction générale serait déplacée à Ouargla. Sur sa page Facebook, Tahar Belabes, leader du mouvement national des chômeurs, a estimé que «ceux qui ont rencontré les chefs de secteur et de la 4e Région militaire sont illégitimes et ne représentent qu’eux-mêmes». Par ailleurs, aujourd’hui des manifestations ont été organisées à Ouargla, El Oued et Ghardaïa pour exiger la révision des tarifs des logements pour la formule LPP. Ils ont été reçus par le directeur général Sud qui a promis de saisir les autorités.  

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