vendredi 6 octobre 2017

L’unité nationale pourrait sérieusement être remise en cause dans l’avenir

L’Etat doit respecter cette nouvelle génération et traiter différemment avec elle, car elle est différente de celles qui discutaient traditionnellement avec le pouvoir. C’est une génération consciente des enjeux, instruite et politisée. Si l’Etat veut absolument aller à l’encontre de la volonté populaire, il n’aura qu’à assumer les conséquences de sa décision. C’est une erreur monumentale de penser à reprendre le projet du gaz de schiste. Je parle en connaissance de cause, car en tant que militant politique qui connaît bien la région, l’unité nationale et la préservation des institutions de l’Etat pourraient sérieusement être remises en cause dans l’avenir. Cette génération a compris que le problème n’est pas d’ordre technique mais politique. Le pouvoir et Ouyahia doivent savoir que nous vivons une période très sensible et tranchante depuis 2011. L’Etat doit prendre les bonnes décisions et arrêter de tourner le dos à sa population. Nos jeunes ont atteint les limites de la marginalisation. Ils commencent, réellement, à se poser des questions sur le pourquoi rester sous un Etat qui les piétine et qui ne prête aucunement attention à leurs doléances. Ils ne demandent pas à être aidés mais à être écoutés et respectés. Au lieu d’aller dans ce sens, je demande à l’Etat d’ouvrir un débat concret sur la question de la distribution équitable des richesses, des libertés, de la représentativité politique et d’en finir avec le clientélisme politique. Nous ne voulons plus de ces logos du pouvoir. Nous voulons un projet qui émanera de la volonté populaire, d’une démocratie participative et construire la vraie citoyenneté. Le pouvoir considère le citoyen comme un client et traite avec lui selon ses besoins. Nous nous réjouissons aujourd’hui du bilan des mouvements pacifiques, des chômeurs et Antigaz de schiste. Aucun incident n’a été enregistré. Cette expérience nous aidera, certainement, dans la construction d’un nouveau mouvement politique qui ouvrira le champ aux partis démocratiques qui luttent pour le droit à la citoyenneté, l’égalité et la justice sociale. Ces derniers doivent aussi s’impliquer davantage pour capitaliser autour de ce qui se passe et contenir les prochaines contestations. La solution aux provocations répétitives du pouvoir ne peut être que politique.  

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