dimanche 15 octobre 2017

Les convois de rapatriement de Subsahariens se succèdent

Sans cesse, ils continuent, à un rythme irrégulier, de passer par ce quartier de Sidi Abbaz, dans la commune de Bounoura, à Ghardaïa, qui constitue un passage obligé vers le sud du pays, tant il est situé sur une route stratégique à savoir la RN 1 qui fend le pays de part en part, du nord au sud, exactement le tracé emprunté par ces convois incessants de rapatriement de Subsahariens.     Ainsi, en trois jours, ce n’est pas moins de deux longues processions de 14 bus chacune de passer par Ghardaïa, pour aller se reposer, à 120 km plus au sud, exactement au centre de formation professionnelle de Hassi Lefhel, (qui du reste n’a jamais ouvert ses portes et encore moins formé qui que ce soit), avant de poursuivre son long périple vers l’extrême sud et au delà des frontières, vers le Niger. Pour ce cinquième convoi, c’est 524 nigériens, dont 381 hommes, 48 femmes et 95 enfants, qui ont été ainsi « cueillis » dans le Grand Alger pour être expédiés manu militari vers leur pays, le Niger, bien que , selon certaines sources,  beaucoup d’entre eux ne soient pas originaires de ce pays.  En effet, parmi les « renvoyés  », certains sont, selon nos sources, des citoyens du Mali, du Bénin, de la Côte d’Ivoire et même du Nigéria.    Pour ce qui est des conditions de voyages, certains accompagnateurs affirment sous le sceau de l’anonymat, qu’ « ils sont épouvantables, notamment pour les femmes et les enfants. Le voyage sur 2200  km d’Alger vers Tamanrasset, avec des haltes et des moments de repos à Hassi Lefhel, ( à 120 kms au sud de Ghardaïa), puis à In Salah (à 400 kms au sud d’El Ménéa dans la wilaya de  Ghardaïa) et enfin à Tamanrasset à 700 kms au sud de In Salah, avant d’être rapatriés au-delà de leur frontière, celle de leur destination finale, le Niger est un véritable calvaire. »    Pour rappel, en cinq passages par Ghardaïa, nous avons comptabilisé le chiffre de pas moins de 2634 Subsahariens, dont 1947 hommes, 295 femmes et 392 enfants, à avoir transité par la région pour être « raccompagnés et déposés » derrière notre frontière sud avec le Niger. C’est l’exode forcé vers le sud, vers l’extrême sud et son au-delà, avec toutes les conséquences dramatiques et le désastre humanitaire que cela pourrait en découler pour cette population fragile qui a fui des pays en proie à la famine et aux guerres. L’Algérie, une terre fraternelle et hospitalière dites-vous ?

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