dimanche 8 octobre 2017

Les chômeurs de Ouargla exigent des solutions

Non contents des dernières déclarations du wali de Ouargla qui a ouvertement affirmé à la presse locale que sa wilaya offrait des milliers d’emplois dans les secteurs du BTPH actuellement occupés par les migrants subsahariens, des dizaines de chômeurs ont manifesté leur courroux devant les agences de l’emploi de Ouargla et Hassi Massaoud ce dimanche.  L’un d’eux a même menacé de se pendre et de s’immoler à la fois si un poste ne lui était pas attribué séance tenante.     Deux catégories de chômeurs s’opposent dans la rue ces jours-ci. D’une part les sous-qualifiés qui réclament une réduction des conditions d’embauche exigées par les entreprises pétrolières et des opportunités de formation sur le tas pour la main d’œuvre d’exécution. Et puis, devant la wilaya, des titulaires de licence, de master et d’ingéniorat qui attendent depuis 3 à 4 ans leur tour sur le fichier de profilage El Wassit  de l’Awem de Ouargla.  Pour les uns et les autres, les arguments sont les mêmes : El Wassit ne serait qu’une supercherie, un moyen de plus pour détourner les regards du trafic d’influence et passe-droits dans l’octroi des postes. Ils s’entendent aussi sur un autre point : le limogeage des chefs de bureaux qu’ils accusent de favoriser le climat malsain entourant le traitement des offres d’emploi à l’Awem et dans les différentes agences communales affiliées à la wilaya de Ouargla.    Des accusations sans cesse contestées par cette instance qui brandit le système information de gestion des offres El Wassit comme un gage de transparence et d’équité permettant même un profilage très affiné selon Abdelkader Cheddad, chargé de de communication de l’Awem Ouargla. Les chômeurs eux, refusent l’offre du wali à accepter des postes de manœuvres dans les différents chantiers de construction à ciel ouvert dans la nouvelle zone d’extension urbaine El Khafdji prés de Ouargla qui enregistre depuis peu une relance remarquable des projets de logement avec quelque 14 000 unités  toutes formules confondues. Les chômeurs soulignent d’une part le manque de transparence dans l'établissement des bulletins d’embauche émis par l’Agence AWEM, le recours systématique au traitement manuel des offres au détriment du logiciel El Wassit et  l’institutionnalisation du passe droit et des faux bulletins d’embauche.   Pour ce qui est des tests d’embauche, les chômeurs soulignent l’opacité entourant l’organisation et la proclamation des résultats qu’ils soupçonnent d’irrégularité compte tenu  de la persistance de la spéculation et du rabattage au sein même de l’Awem selon eux. Bien entendu, ces accusations sont réfutées en bloc par les responsables de l’Awem accusés de surcroit de manipuler les chiffres et de booster les bilans d’activités.  Même si Ouargla a rompu définitivement avec les dangereuses manifestations ou des camions de gasoil étaient séquestrées avec menace d’immolation collective à proximité ou bien même les dortoirs permanents devant le siège de la wilaya, l’enlisement de ce dossier  est tel qu’il devient difficile d’y voir clair.   A l’opposé, des exemples concrets permettent de voir à la fois des succès stories au sein même des différentes vagues de chômeurs ayant usé de l’épreuve de force dans la rue des années durant, mais aussi de vrais cas sociaux avec de vraies histoires bouleversantes de jeunes diplômés ou sans qualification qui luttent quotidiennement pour accéder à un poste bien rémunéré dans les pipes qui longent la région. 

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