lundi 9 octobre 2017

Le RND dans la gêne

Le motif légal du rejet de la candidature du désormais ex-tête de liste du RND à Aït R’zine, par les services de la DRAG, n’a pas été communiqué.   La candidature de Abdelmalek Amellou, désormais ex-tête de liste du RND pour la commune d’Aït R’zine, continue de faire parler d’elle, même une fois rejetée par les services de la DRAG. Le motif légal du rejet n’est pas communiqué. Elle suscite encore des interrogations Ni par l’administration, ni par le parti. La communication avec la DRAG de Béjaïa étant des plus laborieuses, il est toujours nécessaire d’emprunter des voies détournées pour avoir l’information. Du côté du RND, c’est le black-out. Le dossier de Abdelmalek Amellou est devenu pesant, voire gênant, au point où on évite d’en parler publiquement. Contacté par nos soins, le coordinateur de la wilaya du RND, le député Kamel Bouchoucha, a refusé de s’exprimer sur le sujet. «C’est confidentiel, c’est entre le candidat et l’administration. On n’a pas à s’exprimer sur cela», nous a-t-il répondu au téléphone. Pas moyen aussi d’avoir de la part de notre interlocuteur le contact du candidat. Que cache le rejet de la candidature de Abdelmalek Amellou ? Il y a une grande gêne au RND qui avait soutenu mordicus que le dossier de leur candidat ne souffrait d’aucune anomalie. Personne n’a été en mesure de nous confirmer si sa candidature a été rejetée, comme nous informait hier une source, à cause de son casier judiciaire qui s’est révélé finalement entaché, pour une affaire qui n’est pas en rapport avec l’assassinat de Ali Mécili. Abdelmalek Amellou s’est installé à Alger où il vit depuis longtemps, soit depuis son expulsion de France après l’assassinat de l’avocat et opposant Ali Mécili le 7 avril 1987. «Il n’est venu au village que depuis trois ou quatre mois», nous affirmait hier un habitant de Guendouz, chef-lieu communal d’Aït R’zine. L’occasion des élections locales du 23 novembre prochain a tiré Amellou de sa retraite algéroise. Selon notre interlocuteur, il est impensable que quelqu’un qui «traîne un boulet» puisse penser à se mettre en avant en se présentant à une élection et en demandant les suffrages des siens. D’aucuns peinent à croire que l’initiative vient de lui. Ce serait le RND qui l’a sollicité pour être son candidat dans cette commune pauvre de Kabylie. L’offre acceptée intervient 30 ans après l’assassinat non élucidé de Ali Mécili, une longue période que l’on a pensé être assez longue pour faire oublier le boulet. Mais au RND, ce n’est pas tant cet éloignement qui a nourri des appétits électoraux. C’est plutôt l’ordonnance de non-lieu qu’a confirmée la Cour de cassation en France en novembre 2006. Le parti d’Ouyahia a saisi cette occasion pour tendre une perche à Abdelmalek Amellou, convaincu que son casier judiciaire est vierge et que la prochaine élection est une aubaine pour le réhabiliter. A cela, faut-il ajouter que le nom de Abdelmalek Amellou ne dit pas grand-chose aux jeunes électeurs d’Aït Rzine. Sa liste a été confectionnée dans le secret, nous dit-on. A Aït Rzine, on n’en a entendu parler que depuis l’éclatement du scandale dans la presse. «Une équipe de militants à la base du RND s’est formée autour de lui. Mais, franchement, tout cela ne fait pas l’événement pour nous !» nous confie un habitant d’Aït R’zine. «Le RND n’a pas de base ici», ajoute-t-il. En tout cas, jusqu’au week-end dernier, Abdelmalek Amellou était toujours à Aït R’zine, confirme notre source. Il s’y trouve, alors que le FFS, par la voix de son secrétaire national, Hadj Djilani, s’est félicité hier, à travers un communiqué, du rejet de cette candidature qu’il avait fortement dénoncée. «Le FFS prend acte de ce rejet et rend hommage à la mobilisation de ses militants et des citoyens qui ont fait échec à la réhabilitation d’un criminel», écrit le FFS qui considère que c’est une bataille qui vient d’être gagnée. «Contre l’injustice et l’impunité, une bataille vient d’être remportée, il en faudra beaucoup d’autres et beaucoup d’autres luttes pour que la mobilisation démocratique et citoyenne s’impose comme un chemin incontournable vers la construction de l’alternative démocratique dans notre pays», lit-on dans le communiqué. Le FFS considère que «l’affaire Mécili ne sera close que lorsque la justice sera rendue par la condamnation du criminel».  

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