mardi 17 octobre 2017

Grogne des céramistes

Les dernières sorties médiatiques des producteurs espagnols de la céramique, de la région de Valence et plus précisément de Castellon, fief ibérique de la filière céramique, n’ont pas été du goût de nombreux producteurs algériens. Ces derniers montent au créneau pour non seulement défendre l’outil productif national, mais soutenir bec et ongles la mesure du gouvernement ayant décidé d’introduire la céramique dans la liste des 21 produits soumis à la licence d’importation : «les gesticulations des industriels espagnols faisant tout pour obliger le gouvernement algérien à ouvrir une «brèche» pour la réouverture de l’importation de la céramique espagnole sont inacceptables. En plus de leur qualité d’exportateur de la matière première qui nous coûte les yeux de la tête, les Espagnols cherchent par tous les moyens et pressions à maintenir leurs exportations vers l’Algérie où la production nationale est à la fois excédentaire et de qualité. Avec une telle logique, les Espagnols veulent le beurre et l’argent du beurre», tonnent en préambule des céramistes de la région de Sétif. «La démarche des Espagnols est inacceptable. On ne peut sacrifier notre outil de production, mettre au chômage des centaines de milliers de postes de travail», enchaînent nos interlocuteurs outrés. Ne mâchant pas ses mots, Amar Seklouli, le patron du groupe Safcer (un des fleurons de l’industrie de la céramique algérienne) président de la Chambre de commerce de Sétif, et délégué du FCE, enfonce carrément le clou  : «L’Algérie qui constituait dans un passé récent le plus grand marché africain et principal importateur de la céramique espagnole, chinoise, italienne et autre, dispose désormais d’un excédent de production. Nous saluons la position des pouvoirs publics qui ont pris en compte les incidences sociales et économiques pour tous les céramistes algériens employant directement et indirectement plus de 100 000 personnes. Proposant une gamme n’ayant rien à envier aux produits étrangers, la centaine de producteurs algériens fait désormais le forcing pour placer le produit ‘‘made in Algeria’’ hors des frontières. La préférence nationale s’impose pour la céramique locale obéissant aux normes et standards internationaux. La protection de l’outil de production national exige des garde-fous. L’arrêt de l’importation en est un. D’autant que les enjeux financiers sont colossaux». Parlant en connaissance de cause, le patron de Safcer n’a pas tort. D’autant que les exportations ibériques de céramique vers l’Algérie qui ont chuté de 5,2% par rapport à 2015 ont atteint, en 2016, la valeur de 123,4 millions d’euros. Excusez du peu…

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire