dimanche 22 octobre 2017

Elections locales : Les aveux de Abdelwahab Derbal

L’affaire du rejet des candidatures par l’administration sur la base de «rapports» dits «secrets» et la confirmation de la décision par la justice risquent de discréditer le prochain rendez-vous électoral. Alors que le ministre de l’Intérieur voulait faire des élections locales du 23 novembre une «occasion pour réaliser une représentation juste», l’exclusion de candidats remet d’emblée en cause cet objectif. Une remise en cause qui s’est confirmée avec l’aveu du président de la Haute instance indépendante de surveillances des élections (HIISE), Abdelwahab Derbal. En visite mercredi dernier dans la wilaya de Tiaret, le premier responsable de la HIISE a critiqué la décision de l’administration qui a «élagué» «sans aucun justificatif légal» des centaines de listes de candidatures au prochain scrutin. Invoquant le motif «de menace sur l’unité nationale», l’administration a exclu des centaines de candidats présentés par des partis politiques ou conduisant des listes indépendantes. En dépit de la contestation des formations, la justice a confirmé ces décisions, empêchant ainsi ces citoyens d’accéder à un droit constitutionnel, sans qu’ils soient condamnés à des peines privatives des droits civiques, comme le stipule la loi. «Il n’y a pas de justificatif légal dans l’exclusion de ces candidatures. Malheureusement, la justice a appuyé les décisions de l’administration dans 95% des cas», regrette Abdelwahab Derbal, dans une déclaration reprise par la presse nationale. Le président de la HIISE affirme, dans la foulée, que son instance a été mise «dans la gêne», car l’administration «ne s’est appuyée sur aucune loi, ni règlement pour exclure ces candidats». Selon lui, la justice a fait exception uniquement dans la wilaya d’El Bayadh, où «elle a ré-accepté 40% des candidats exclus». «La justice devait chercher les possibilités d’accepter les candidatures et non pas de les exclure», soutient-il. Ce faisant, le premier responsable de la HIISE insiste, dans la foulée, sur la nécessité de réviser la loi électorale et celle régissant l’instance qui sont des textes régissant l’opération électorale. «Ces deux textes ne répondent pas à plusieurs interrogations qui se sont posées sur le terrain», précise-t-il.  

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire