mercredi 20 septembre 2017

Vers un nouvel étiquetage alimentaire

Le ministère du Commerce prévoit l’introduction obligatoire, dès le début de 2018, d’un nouvel étiquetage alimentaire indiquant le taux de sucre et de sel. Face à la propagation des maladies chroniques, telles que le diabète, l’hypertension artérielle, l’obésité et autres maladies cardio-vasculaires, notamment chez les enfants, nous avons opté pour cette démarche qui a pour but essentiel de protéger la santé du consommateur», a indiqué Sami Kolli, directeur de la qualité et de la consommation au ministère du Commerce, lors d’une rencontre internationale organisé, hier, par ce ministère au Palais des expositions, Pins Maritimes, à Alger. Placée sous le slogan «Mangeons sain», cette rencontre a été l’occasion de zoomer sur les dangers du sucre blanc raffiné et les excès de sel sur la santé humaine sur le moyen et le long termes. «Soutenir l’information et la sensibilisation du consommateur algérien dans tous les sujets qui concernent sa santé et sa sécurité est notre principal objectif. Développer la culture de consommation et du danger chez ce dernier en est également un. Même si nous sommes les plus grands concernés par cette démarche, nous avons fait appel à nos partenaires, à savoir les ministères de l’Agriculture et du Développement rural, de l’Industrie et celui de la Santé, de la Famille et de la Réforme hospitalière ainsi que le mouvement associatif afin d’entamer cette nouvelle démarche dans la protection du consommateur dans les meilleures conditions possibles», explique notre interlocuteur qui confirme que l’ambition du ministère par cette démarche est de proposer un produit local sain qui non seulement préservera la santé du citoyen mais aussi contribuera à la réconciliation entre ce dernier et le produit «Made in bladi». Car, notamment, il existe plusieurs produits algériens naturels et de terroir qui sont d’une qualité irréprochable et très bénéfique pour la santé, dont les dattes, la figue et l’huile d’olive qui n’attendent qu’un peu de promotion. «Pour mettre à exécution notre projet, nous avons mis en place plusieurs mesures, à savoir essentiellement l’étiquetage nutritionnel obligatoire, dont le texte exécutif est en cours de signature par les ministres concernés qui sont ceux de l’Industrie, la Santé, l’Agriculture et du Commerce. Il entrera en vigueur en 2018. Il comportera, dans un design simple à comprendre, la contenance du produit, notamment en sucre et autres et sa valeur énergétique. «Contrairement à ce qui a été dit par certains, cette diminution est également bénéfique pour les industriels qui pourront entrer dans une véritable concurrence et pourront également investir les marchés internationaux dont les taux de sucre, de sel ainsi que l’étiquetage sont bien réglementés», ajoute M. Kolli qui affirme la bonne volonté des industriels, notamment les producteurs de boissons, d’adopter ce nouveau modèle au point où certains, même si des conventions de partenariats et des engagements ne sont pas encore signés, ont déjà entamé la procédure en diminuant de 30 grammes la teneur en sucre de leurs produits. Pour le sel, des efforts sont également consentis de la part des industriels dont certains sont allés directement vers la diminution de près de 20% dans le taux de sel. Concernant le respect du palais gustatif, M. Kolli considère qu’il est inutile de le respecter, étant donné que le consommateur s’habituera facilement au goût des nouveaux produits faibles en sucre et en sel, vu qu’il s’agit de sa propre santé et de celle des siens. Le ministère compte également mettre des freins aux messages publicitaires mensongers, dont essentiellement ceux destinés aux enfants. Un code de déontologie pour les publicités commerciales et promotionnelles est également en voie de préparation. Pour le Dr Akbache, représentant de l’école des sciences de l’alimentation et des industries agroalimentaires, il existe plusieurs techniques à la portée des industriels afin de garder la même qualité gustative des produits sans pour autant ajouter du sucre et du sel à leurs produits. L’Association de protection du consommateur et de son environnement (Apoce) s’est félicitée de cette démarche et espère que des mesures suivront pour tous les autres produits sur le marché algérien. La Société algérienne de nutrition et de médecine orthomoléculaire présente lors de cette rencontre a encore une fois élevé la voix contre le sucre blanc et la farine blanche raffinés qui ne sont pas moins nocifs. Elle est allée jusqu’à réclamer l’interdiction de toute forme de publicité pour le sucre blanc raffiné et pour tous les produits qui en contiennent et taxer ces produits, notamment les boissons. Signalons qu’il existe en Algérie 3 millions de diabétiques et 1 Algériens sur 5 est hypertendu. La facture d’importation de sucre est également faramineuse et a augmenté durant les 7 premiers mois de l’année en cours de 36% pour atteindre plus 698 millions de dollars.                  

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