samedi 16 septembre 2017

«Un nouveau parrain pourrait être désigné par les mêmes marionnetistes si…»

Le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) tient, depuis jeudi, l’université d’été de la jeunesse libre du RCD où pas moins de 500 jeunes militants se sont donné rendez-vous au centre touristique Anissa-Tours de Souk El Tenine, à 35 km à l’est de Béjaïa, pour engager une réflexion et des discussions autour des questions de l’heure. Dans son allocution d’ouverture, le président du parti, Mohcine Bellabas, a estimé à propos de l’application de l’article 102 de la Constitution, qu’une disposition légale qui peut permettre au Conseil constitutionnel d’initier un processus d’empêchement du chef de l’Etat,  «s’il y a destitution, elle doit s’accompagner d’une mise à plat du système électoral, faute de quoi nous aurons un nouveau parrain désigné par les mêmes marionnettistes.» Mais aussi de «l’urgence de la dissolution de la police politique par laquelle le régime se maintient à travers un système de surveillance et de contrôle sur les partis politiques, la société civile et plus globalement de toute la population». La nomination/renvoi de Tebboune Car, insiste-t-il, «la construction institutionnelle et administrative doit être repensée dans son ensemble puisque le problème n’est pas seulement dans le feuilleton de l’interminable déchéance physique du chef de l’Etat.» En clair, selon l’orateur, «il s’agit d’un problème structurel dans le processus de décision à tous les niveaux, de mécanismes de représentations sociales et politiques des citoyens, de légitimité démocratique des institutions, de refondation des dispositifs de médiation politique et d’alternance transparente au pouvoir et qui ont fini par conduire à un déficit de vie politique et à un désintérêt des citoyens de la chose publique.» A ce titre, le RCD reste convaincu que la transformation du système politique qui oppresse le peuple ne peut se faire de l’intérieur. Preuve en est «la nomination/renvoi de M. Tebboune du poste de Premier ministre indique que le système n’est pas à la recherche d’une orientation politique conforme aux aspirations de la majorité, mais toujours dans une phase de reconstruction de ses équilibres internes pour ne pas être débordé par une double crise induite par près de vingt ans de gestion autocratique et une lutte féroce menée autour de la réaffectation des ressources du fait de leur raréfaction.» Oppression de l’action associative Toujours dans le registre politique, le président du RCD a évoqué les contours de la situation qui est marquée par «le blocage historique que vit le pays à cause de la dilapidation de son potentiel symbolique hérité des luttes victorieuses de notre peuple. Cette confiscation mémorielle a servi de label et de légitimité qui ont conduit le système à se croire dispensé de valoriser nos potentialités humaines, économiques et naturelles.» Il constate dans ce contexte que «la régression des libertés ne cesse de s’aggraver depuis le viol de la Constitution en 2008.» Celle-ci se manifeste par la «répression opposée à l’action associative et qui est désormais assumée au plus haut niveau de l’Etat.» D’ailleurs, à travers son nouveau plan d’action, le gouvernement «cherche à rendre systématique le refus d’autorisation aux manifestations publiques par la caution d’une majorité parlementaire aux ordres», argue-t-il, citant le cas de non-autorisation de la tenue du café littéraire d’Aokas et la réaction citoyenne qui s’en est suivie. Il a qualifié cette réponse des citoyens de «message de résistance et une leçon citoyenne qui atteste de l’impact de l’action solidaire quand des acteurs militants de tous les bords fédèrent leurs énergies.» Échec économique Sur le volet économique, le RCD accuse le gouvernement d’échec, n’arrivant point à redresser la barre, et ce, depuis 2013. «Les difficultés budgétaires ne cessent de s’intensifier pendant que tous les artifices testés ont échoué. La politique énergétique du gouvernement se limite à une augmentation des prix domestiques du gaz, de l’électricité et des carburants.» Il estime par ailleurs que «le changement du gouverneur de la Banque d’Algérie dont l’objectif non déclaré était de relâcher le contrôle sur le taux d’inflation et d’accélérer la dévaluation du dinar n’a pas suffi pour atténuer le déficit budgétaire ; une démarche qui a précipité l’écroulement de la monnaie.» Aussi, pour le RCD, «la lutte contre l’économie informelle est un échec patent. Les sommes colossales qui circulent en dehors des circuits bancaires sous forme de liquidités ne cessent d’augmenter, et maintenant le gouvernement veut inonder cette sphère par la planche à billets sous l’euphémisme de mise en œuvre de financements non conventionnels.» La manière d’agir du régime face à la situation de crise politique et économique fait dire au responsable du RCD que «le pouvoir ne fonctionne que dans la perspective de la survie du système responsable de la faillite économique, de la paralysie institutionnelle et de l’impasse politique en cours et décrédite de fait toutes les organisations qui lui servent d’exécutants, de relais ou de structures intermédiaires, à l’image du patron de l’UGTA qui est utilisé, au mieux, que pour annoncer des décisions prises par le chef de l’Etat.» Pour conclure, le leader du RCD a appelé «les partis politiques à se mobiliser pour agir ensemble ainsi que les syndicats autonomes à dépasser l’éparpillement pour se rassembler autour des points qui les unissent et mettre un terme à la représentation syndicale factice et pervertie de l’UGTA.» S’imprégner des enjeux à venir Par ailleurs, lors de cette université d’été, trois éminentes conférencières ont été invitées pour éclairer la jeunesse sur des thématiques d’actualité et les enjeux des échéances à venir. Une occasion pour les jeunes militants du parti pour se former à travers 11 ateliers traitant de divers sujets, comme les élections, la communication et l’information, les finances, le code du travail et l’organisation syndicale qui seront assurés par des experts et des cadres du RCD. Mais aussi des conférences ont été au menu de cette rencontre et qui ont abordé des thématiques relatives à la crise politique et économique que vit le pays. Parmi les invités, il y a eu le passage de l’ancien Premier ministre Sid Ahmed Ghozali, qui a présenté une conférence sous le thème : «L’eau et l’énergie dessineront notre avenir». Un sujet qualifié par le coordinateur national de la jeunesse libre du RCD, Nassim Yassa, d’«actualité brûlante tant au plan national avec la chute des cours mondiaux des prix des hydrocarbures et le contexte aride à semi-aride de notre région qu’au plan mondial où la transition énergétique est plus que jamais à l’ordre du jour.» De son côté, Belkacem Mostefaoui, professeur à l’Ecole nationale supérieure de journalisme et des sciences de l’information est programmé pour développer le thème suivant : «La régulation des médias et du journalisme : questions actuelles de l’Algérie» et sera suivi du sociologue et chercheur Nacer Djabi, qui traitera de «La transition démocratique».          

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