dimanche 24 septembre 2017

Pétition pour boycotter le 22e SILA

Une pétition a été lancée pour le boycott du 22e Salon international du livre d’Alger (SILA). Initiée par la jeune écrivaine Sarah Haïdar, cette pétition se veut un cri de colère contre ce qu’est devenu ce rendez-vous du savoir et de la culture. Cet appel intervient en effet quelques jours après la polémique suscitée par des déclarations du commissaire du SILA. «Lors d’une interview sur le plateau d’Ennahar TV, le commissaire de cette manifestation, Hamidou Messaoudi, également directeur de l’ENAG, a évoqué la polémique soulevée l’an dernier par la présence, au SILA, d’un livre intitulé Frapper son épouse : une solution pour les problèmes conjugaux ? d’un certain Abdelhamid Ahmed Abou Souleiman», souligne-t-on dans le texte de cette pétition. «Sur un ton humoristique adipeux, le responsable du SILA estime qu’une telle controverse n’avait pas lieu d’être, d’autant que ce 'fascicule pourrait s’avérer utile pour modérer la violence conjugale. Car certaines épouses frappées par leur mari semblent avoir été percutées par un camion'. Cette déclaration ne souffre aucune ambiguïté : au lieu de massacrer son épouse, l’homme algérien devrait apprendre 'l’éthique' coranique de la violence conjugale (Sourate Nissaâ)», poursuit-on, dénonçant les dérapages du commissaire du Sila. «Bien sûr, M. Messaoudi a tout à fait le droit de considérer qu’un coup 'modéré' asséné à une femme est toujours mieux qu’une bastonnade ; il a le droit de faire sienne cette insoutenable légitimation d’un phénomène social dont on sait depuis toujours que les séquelles physiques sont de loin moins destructrices que les hématomes indélébiles laissés sur la dignité et l’estime de soi. M. Hamidou, l’homme, en a tout à fait le droit», précise l’écrivaine Sarah Haïdar qui «n’appelle ni à son limogeage ni à des excuses publiques qui seraient, de toute façon, de la poudre aux yeux». Elle appelle plutôt les écrivains et tous les intellectuels à déserter ce Salon. Le boycott sera, selon elle, une réponse à ce que «nous considérons comme une atteinte aux principes fondamentaux du respect de la personne humaine, une insulte à des années de combat féministe et un crachat sur les tombes de toutes celles qui ont été égorgées, battues, violées, kidnappées, maltraitées ou détruites psychologiquement parce que femmes». Dans l’appel, on souligne la marchandisation du vulgaire et la prolifération du livre religieux subversif.  

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