jeudi 21 septembre 2017

Ouyahia : la politique radicale prônée par les partis d’opposition a démontré ses limites

Sans grande surprise, le plan d’action du gouvernement a été adopté par la majorité des députés de l’Assemblée populaire nationale (APN). Profitant de son intervention, le Premier ministre, Ahmed Ouyahia a salué et exprimé sa gratitude aux partis qui soutiennent le gouvernement. En revanche, il a consacré une grande partie de son intervention pour répondre à l’opposition. Sans mettre de gants, M. Ouyahia s’est adressé à cette opposition qui selon lui, est constituée de deux pôles. «Une opposition, explique-t-il, qui utilise un langage virulent» et pour qui «le système est mafieux et l’Etat est voyou». En guise de réponse, il déclare que «le peuple Algérien n’a pas oublié l’absence de ce groupe quand on était en guerre pour la démocratie». Ces partis, ajoute-t-il, a qui «on avait demandé juste de participer au dialogue, mais ils avaient refusé». S’adressant aux défenseurs de la cause berbère, il rappelle que «ces militants se sont abstenus de voter lorsque le président de la République a proposé de constitutionaliser la langue Amazigh». Pour Ouyahia, la politique radicale prônée par ces partis a démontré ses limites, puisque argumente-t-il,  «il suffit de constater comment vos militants désertent vos rangs». Le premier ministre a, cependant, promis aux partis qu’il qualifie d’«opposition constructive» de prendre en considération les remarques et recommandations émises.   Les réserves de change de l’Algérie se sont établies à 103 Les réserves de change de l’Algérie se sont établies à 103 milliards de dollars à fin août 2017 (contre 105 milliards de dollars en juillet 2017), a indiqué jeudi le Premier ministre, Ahmed Ouyahia. Le niveau des réserves de change devrait se chiffrer à 102 milliards de dollars en septembre en cours, a estimé M. Ouyahia dans sa réponse aux préoccupations des élus de l'Assemblée Populaire Nationale (APN) soulevées lors des débats sur le Plan d'action du gouvernement. Pour rappel, le matelas de devises était à 114,1 milliards de dollars (mds usd) à fin décembre 2016 contre 144,1 mds usd à fin 2015, selon les chiffres de la Banque d'Algérie. Après de successives et considérables hausses, les réserves de change de l’Algérie ont commencé à connaître un fléchissement depuis 2014 sous l’effet combiné de la baisse des cours pétroliers et des exportations des hydrocarbures ainsi qu'une hausse fulgurante des importations. L’élan que prenait le niveau du matelas de devises fut freiné dès le début 2014 lorsque le niveau des réserves s’approchait des 195 milliards usd à fin mars 2014 mais amorça, par la suite, une tendance baissière en s’établissant à 193,27 mds usd à fin juin 2014, avant de descendre encore à 185,27 mds usd à fin septembre de la même année. Auparavant, et particulièrement depuis 2006, les réserves de change montaient à hauteur, parfois, de 20 milliards usds annuellement en s’établissant à 77,8 mds usd en décembre 2006, à 110,2 mds usd à fin 2007, à 143,1 mds usd à fin 2008, à 147,2 mds usd à fin 2009, à 162,2 mds usd à fin 2010, à 182,2 mds usd à fin 2011, à 190,6 mds usd à fin 2012 et à 194 mds usd à fin 2013. Mais l’envolée des importations et la forte chute des cours pétroliers ont fortement contribué dans l’amenuisement des flux alimentant les réserves de change du pays. Après avoir fluctué entre 101,45 et 115,79 dollars au cours de l’année 2013, le baril de Brent a viré depuis l’été 2014 en dégringolant jusqu'à moins du seuil critique de 30 dollars début 2016 avant de  stabiliser autour de 52 dollars actuellement. La lutte contre la corruption nécessite la persévérance et plus de transparence Le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, a indiqué jeudi à Alger que la lutte contre la corruption a besoin "de persévérance et de plus de transparence", ajoutant que le Plan d'action du gouvernement "renforcera" la transparence dans la lutte contre ce fléau. Répondant aux remarques et interrogations soulevées par les membres de l'Assemblée populaire nationale (APN) lors du débat autour de ce Plan d'action, M. Ouyahia a rappelé que l'Algérie était parmi les premiers pays à signer la convention internationale de lutte contre la corruption et qu'"elle l'applique quotidiennement au niveau de la Justice", ajoutant que la lutte contre ce fléau "n'a pas besoin de show mais nécessite de la persévérance et plus de transparence" et que le Plan d'action du  gouvernement "vient promouvoir la transparence dans le cadre de la lutte contre la corruption". M. Ouyahia a indiqué, en outre, que la lutte contre la corruption nécessite "la contribution des citoyens en dénonçant les tentatives de corruption", rappelant que "la loi protège ceux qui dénoncent ces tentatives de corruption".  Abordant la question de la décentralisation, le Premier ministre a exprimé le souci du gouvernement "de hisser les capacités et prérogatives de l'administration locale pour renforcer et consolider cette  décentralisation". Il a indiqué que pour le gouvernement "le fait de ne pas avoir évoqué la promotion des daïras au rang de wilayas déléguées et des wilayas déléguées au rang de wilayas "ne veut pas dire qu'il a ignoré cette question", affirmant que l'exécutif "veut d'abord renforcer l'existant". "Quand nous décidons de créer de nouvelles wilayas déléguées ou wilayas, il faut mettre les moyens nécessaires", a-t-il dit, rappelant que "le découpage administratif de 1984 n'a été concrétisé totalement qu'en l'an 2000". Ouyahia réitère la volonté du gouvernement à renforcer le dialogue avec la communauté nationale à l'étranger Le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, a réitéré jeudi à Alger la volonté du gouvernement à renforcer le dialogue avec la communauté algérienne à l'étranger, exprimant son souhait de voir cette  communauté s'ériger en lobby afin de contribuer au développement socio-économique de l'Algérie. Répondant aux remarques et interrogations soulevées par les membres de l'Assemblée populaire nationale (APN) lors du débat autour de ce Plan d'action, M. Ouyahia a indiqué que le gouvernement aspire à voir la communauté algérienne vivant à l'étranger constituer un lobby afin de participer activement à l'édification et au développement de l'Algérie, tout en faisant remarquer que ce Plan d'action a abordé la question de la communauté nationale à l'étranger dans le chapitre réservé au renforcement de la stabilité, de la sécurité et de l'unité nationale. Il a également exprimé la volonté de l'exécutif à renforcer le dialogue avec les représentants de cette communauté ainsi que les liens culturels et spirituels à travers l'ouverture de nouveaux centres culturels et l'envoi d'un nombre supplémentaire d'imams durant le mois de Ramadhan au profit des  citoyens algériens établis dans des pays non musulmans. Le Premier ministre a également souligné le rôle important que peut jouer cette communauté nationale dans le développement de l'Algérie notamment en matière d'investissement que ce soit en Algérie ou à travers l'exportation du produit national. Il a, en outre, démenti que la dernière révision constitutionnelle ait privé les membres de la communauté nationale de leurs droits ou remis en cause leur appartenance au pays, rappelant que la loi a défini les postes qui exigent la nationalité algérienne exclusive et qui sont au nombre d'une dizaine. Concernant la prise en charge du rapatriement des corps d'Algériens nécessiteux décédés à l'étranger, M. Ouyahia a rappelé que le précédent parlement avait adopté, dans le cadre de la Loi de Finances, une clause pour créer un fonds au profit des Algériens nécessiteux décédés à l'étranger, indiquant que ce Fonds a contribué au financement du rapatriement de 89 corps depuis janvier dernier. Le total des crédits alloués par les banques a atteint 8.467 milliards de DA au 12 septembre en cours Le Premier ministre, Ahmed Ouyahia a révélé jeudi à Alger que le rapport présenté par la Banque centrale le 12 septembre en cours, indique que le total des crédits émis par les banques au profit des emprunteurs est de l'ordre de 8.467 milliards de DA, dont 4.000 milliards de DA accordés aux entreprises publiques et 700 milliards DA accordés aux micro-entreprises (ANSEJ), le reste au profit des particuliers.  Pour ce qui est des crédits non remboursés, le Premier ministre a indiqué qu'ils constituent 11% du total des crédits et sont estimés à 800 milliards DA auprès des entreprises publiques et privées et des micro-entreprises à travers le dispositif de l'ANSEJ cumulant à elles seules 100 milliards DA de dettes.  Concernant l'effacement des dettes de certaines micro-entreprises, le Premier ministre a déclaré que " le gouvernement est déterminé à aider les jeunes", soulignant que 27 milliards DA de dettes ont été effacées récemment par les banques au profit d'entreprises ANSEJ tandis que d'autres entreprises ont bénéficié d'un rééchelonnement de leurs dettes.   M.Ouyahia a indiqué que le non remboursement de certains crédits est dû à la faillite de certaines entreprises. Introduction de la finance islamique dans le système bancaire avant la fin de l'année Le Premier ministre, Ahmed Ouyahia a affirmé jeudi à Alger lors d'une séance consacrée aux réponses aux questions des députés sur le plan d'action du gouvernement, que le projet de  loi de  Finances 2018 prévoit l'introduction de chèques islamiques dans le trésor de l'Etat, ainsi que l'introduction avant la fin de l'année 2017 de la finance islamique dans le domaine bancaire pour deux banques publiques contre quatre autres banques publiques en 2018. S'agissant des fonds de l'économie parallèle, le premier ministre a indiqué que les chiffres présentés par le gouverneur de la Banque centrale montrent que l'Algérie disposait jusqu'à juillet 2017 de 14.500 milliards de dinars  dont 2700 mds de dinars en circulation sur le marché parallèle. Financement non conventionnel : Il est impossible actuellement de définir le montant des fonds à injecter Le Premier ministre Ahmed Ouyahia a affirmé qu'il est impossible actuellement de fixer la valeur effective des fonds à injecter dans l'économie nationale à travers le financement non conventionnel. Le Premier ministre a souligné que ce financement est une affaire de gestion économique pour une période de cinq ans maximum, ajoutant qu'il dépend de données purement économiques, loin des calculs politiciens. Il a affirmé que la masse monétaire dont dispose le pays est inférieure aux réserves de change (103 milliards de dollars) sans compter les réserves de l'Algérie en or estimées, selon lui, à 6 milliards de dollars.


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