dimanche 17 septembre 2017

L’intersyndicale se mue en confédération

Une réunion technique de l’intersyndicale s’est tenue hier au siège du SNPSP, au boulevard Victor Hugo (Alger). La rencontre, à laquelle ont pris part une quinzaine de syndicats, s’est achevée par l’adoption de l’avant-projet de statut d’une confédération des syndicats algériens (CSA). «La rencontre d’aujourd’hui (hier, ndlr) a été prévue lors de notre dernière réunion de l’intersyndicale tenue le 15 juillet. En début d’année 2017, une commission de rédaction de l’avant-projet de statut d’une confédération avait été installée. Elle a rendu ses conclusions. La commission poursuivra son travail en préparant le dossier administratif de constitution d’une confédération, comme l’autorise l’article 4 de la loi 90-14 sur l’activité syndicale», détaille Nawfel Chibane, secrétaire général national du SNPSP. Le dépôt du dossier pour l’agrément auprès du ministère du Travail sera précédé de la tenue d’une assemblée générale constitutive. «La démarche devra se concrétiser d’ici fin septembre-début octobre. En attendant, l’intersyndicale fonctionnera normalement», indique le porte-parole du CELA, Idir Achour. Lancée en mai-juin 2017, l’intersyndicale regroupe quatorze syndicats représentant plusieurs secteurs de la Fonction publique (enseignement, santé, poste, énergie, vétérinaire, etc.) Selon le président du Snapeste, Meziane Meriane, le «dénominateur commun», qui a favorisé la réunion de ces organisations, était l’annonce de l’abrogation de l’ordonnance 97-13, modifiant et complétant la loi n°83-12 relative à la retraite. «Il y a eu des tentatives de création d’une intersyndicale depuis 2007, avec, cette année-là, la discussion du statut particulier. Cette fois, les syndicats veulent mettre à l’épreuve la volonté des autorités de laisser se constituer une confédération. Au Maroc et au Mali, il y a 3 centrales dans chacun de ces pays. En Algérie, Il y en a une seule depuis l’indépendance», regrette le président du Snapeste. Actions de protestation en vue Les participants à la réunion d’hier au siège du SNPSP se sont entendus pour se revoir le 23 septembre prochain. «La réunion de samedi prochain sera consacrée à l’évaluation de la rentrée sociale et à l’organisation éventuellement d’actions de protestation», signale Ouali Hand, chargé de la pédagogie au Satef. La rencontre permettra de discuter des dossiers toujours en suspens, à l’instar du pouvoir d’achat, du code du travail et de la retraite. «La suppression de la retraite anticipée a provoqué des départs massifs. Des compétences sont perdues : des établissements sont sans directeurs et enseignants et des hôpitaux se retrouvent sans médecins… Il y a également le pouvoir d’achat des Algériens, qui a baissé, selon des spécialistes, de 30%. Les fonctionnaires en souffrent déjà», s’indigne Boualem Amoura, président du Satef. Les syndicalistes devraient s’entendre sur une batterie d’actions de protestation dans les prochains jours en réponse aux décisions du gouvernement Ouyahia. Le Syndicat autonome des travailleurs de Sonelgaz (Snateg), qui n’a pas rejoint l’intersyndicale, annonce, néanmoins, sa volonté de souscrire à toute action en faveur des travailleurs. «Le Snateg adhère à toute action menée par l’intersyndicale», déclare Mellal Raouf, secrétaire général du Snateg, qui a dénoncé, dans un communiqué rendu public, le licenciement et les poursuites contre 46 cadres syndicalistes du groupe public. Les représentants des travailleurs affirment que les fonctionnaires «ne sont pas les responsables de la situation catastrophique» du pays. «Nous ne sommes pas prêts à payer pour les fautes des autres. L’Algérie est riche. Qu’on fasse rentrer l’argent qu’ils ont pris», réclame Boualem Amoura, qui affirme que son organisation est favorable pour des actions de protestation (manifestations, marches, grèves cycliques, etc.) pour préserver les acquis des travailleurs.

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