mercredi 20 septembre 2017

La transhumance des élus bat son plein

Des élus radiés de leur parti politique et condamnés par la justice, députés et sénateurs, se retrouvent curieusement candidats et même têtes de liste. La scène politique s’éveille et s’anime, à nouveau, à Bouira, et ce, à l’approche du rendez-vous des locales du 23 novembre prochain. Cependant, les formations politiques n’ont pas encore dévoilé leurs listes de candidats. Le délai de dépôt des dossiers de candidatures s’achève samedi prochain. Plongés dans une profonde crise interne, plusieurs partis politiques ont rencontré des difficultés à confectionner des listes. Cependant, ce qui a caractérisé ces élections, contrairement aux scrutins précédents, c’est le retour des députés, sénateurs et élus condamnés par la justice, à la recherche d’une place sur les listes de candidature. Un ex-sénateur est annoncé pour conduire la liste FLN pour l’APC de Lakhdaria, à l’ouest de Bouira. Des élus et militants en rébellion contre Gaci Abdelkader ont fini par jeter l’éponge et annoncé leur démission du parti au pouvoir. Le retour de cet ex-sénateur a été ardemment contesté par la majorité des militants des mouhafadhas de Lakhdaria, appelant même à l’intervention du secrétaire général du FLN. Selon certaines sources, des élus siégeant à l’APC en question ont préféré quitter le parti pour se faire «recruter» par d’autres formations. Ce n’est pas ce qui manque aussi à l’occasion de ces élections locales à Bouira. La transhumance des élus bat son plein. Bien que ce type de «migration» soit désormais partie intégrante de nos mœurs politiques, les représentants des partis à Bouira n’ont eu d’autre choix que de faire appel à ces candidats qui n’ont pas hésité à changer de casquette dans l’espoir de briguer un autre mandat. Des élus déjà condamnés par la justice durant leur exercice et même démis de leurs fonctions se retrouvent curieusement candidats et même têtes de liste. C’est une spécialité propre au Rassemblement national démocratique (RND) qui a ouvert ses portes à d’anciens élus et même députés pour chapeauter des listes électorales. En effet, à Aïn Bessem, l’ex-député Nouri Mohamed, élu sur la liste FLN, et ayant cumulé plusieurs mandats comme maire de la commune, a quitté cette fois-ci le parti en visant le même poste, mais sous l’étiquette du RND. A la commune de Bouira, on assiste à une effervescence sans précédent, où les alliances et les va-et-vient entre les formations battent leur plein. Le FFS, qui n’en finit pas de gérer ses crises, a opté pour présenter le maximum de candidats pour investir une société qui, désormais, «ne répond plus». Le congrès fédéral tenu samedi dernier est une preuve tangible de la crise dans laquelle se retrouve le parti. Quant au RCD, fragilisé par des tiraillements internes, la formation de Mohcine Belabbas a décidé de faire appel à des sympathisants pour chapeauter les listes électorales. L’expert agronome Akli Moussouni a été sollicité par la direction du parti pour conduire la liste des candidats pour l’APC de Bouira. Ce qui est certain, c’est que les élections locales de novembre prochain interviennent dans un contexte extrêmement délicat.  

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