jeudi 7 septembre 2017

Hadjar, Grine et Zerhouni en seraient «les victimes»

Le Maroc a espionné des ministres et hauts responsables algériens en France. Et avec la complicité d’un policier français. C’est ce qu’a révélé une enquête du journal français Libération, publiée dans son édition de mardi dernier. Les personnes concernées sont Tahar Hadjar, ministre de l’Enseignement supérieur, Hamid Grine, qui était ministre de la Communication au moment de l’arrestation du policier en question, et Noureddine Yazid Zerhouni, ancien vice-Premier ministre et ex-ministre de l’Intérieur. L’agent de la PAF française, indique la même source, transmettait illégalement des documents à l’espion marocain, Driss A. Parmi ces documents, il n’y avait pas seulement des informations sur des ressortissants marocains fichés «S». «A son domicile, Driss A. conservait des documents de la PAF sur le passage de frontière d’un ancien haut responsable algérien, ainsi que deux notes de l’ambassade algérienne à propos des passages de deux ministres en exercice dans le pays voisin et éternel rival du Maroc», écrivait Libération, précisant que l’agent marocain avait évoqué «une négligence qui a fait que ces documents se soient glissés par erreur…» Selon l’enquête de Libération, les notes de l’ambassade d’Algérie retrouvées dans le domicile de Driss A. relatent les déplacements des ministres algériens à Paris. Selon notre confrère TSA, «les faits remonteraient à janvier 2017». «Les deux ministres étaient en visite officielle dans la capitale française. Tahar Hadjar, à l’invitation de son homologue français, et Hamid Grine, participant à une rencontre à l’Institut du monde arabe», explique le journal électronique. L’enquête de la justice française sur cette affaire remonte au mois de mai dernier, suite à l’arrestation d’un capitaine de la Police aux frontières (PAF). Ce dernier a été placé en détention par le juge d’instruction du tribunal de grande instance de Créteil pour «corruption et violation du secret professionnel notamment». Dénommé Charles D., le policier français, indique Libération, disposait, compte tenu de ses activités à la tête de l’unité d’information de la PAF de l’aéroport d’Orly, d’«une matière sensible», «surtout en ces temps de menace terroriste maximale, concrétisée par la vague d’attentats sans précédent de 2015 et 2016». Quelle sera la réaction des autorités algériennes suite à cette grave affaire ? Les responsables français ont-ils informé leurs homologues algériens de cette découverte ?

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire