mercredi 20 septembre 2017

FLN : Le retour énigmatique de Saadani

En plein débat sur le plan d’action du gouvernement d’Ahmed Ouyahia, Amar Saadani revient discrètement au FLN. Près d’une année après avoir démissionné de son poste de secrétaire général du FLN, il reprend du «service» en intégrant la commission nationale des élections du parti. Officiellement, Djamel Ould Abbès, en sa qualité de secrétaire général du FLN, dit «renforcer» la composante de cette commission à la veille des élections locales, à travers la nomination de deux ex-ministres, en l’occurrence Abdelmalek Boudiaf et Mahdjoub Bedda, et de l’ex-secrétaire général du parti, Amar Saadani. Si pour certains observateurs, il s’agit d’une nomination tout ce qu’il y  de plus normale, pour d’autres, c’est une remise en selle d’un adversaire téméraire de l’actuel Premier ministre, Ahmed Ouyahia. On se souvient encore des violentes attaques de Saadani en 2016 contre Ouyahia qu’il avait qualifié de «malhonnête» et d’«indigne de la confiance du président Bouteflika». Au ton belliqueux, voire insultant, Amar Saadani a fini par devenir trop encombrant pour le président de la République, également président du FLN. Le trublion Saadani a donc été poussé à la démission un certain 22 octobre 2016 en pleine réunion du comité central à l’hôtel El Aurassi. Pour justifier son acte inattendu, Amar Saadani a évoqué des raisons de santé. Mais personne ne croyait à un tel argument pour la simple raison que, deux semaines auparavant, Amar Saadani affichait une excellente forme. Il avait d’ailleurs violemment attaqué l’ancien chef des services secrets, Mohamed Lamine Médiène dit Toufik, l’accusant d’avoir été derrière les troubles qu’avait connus la vallée du M’zab entre 2013 et 2015. Mais pas seulement. Il l’avait également accusé d’être un «agent de la France». Une attaque qui avait fait couler beaucoup d’encre et fait réagir le chef du cabinet de la présidence de la République, Ahmed Ouyahia. Ce dernier, qui s’était exprimé en tant que secrétaire général du RND, avait pris la défense du général à la retraite Toufik, mais aussi de l’ex-secrétaire général du FLN, Abdelaziz Belkhadem, que Saadani avait présenté comme étant issu d’une «famille au passé révolutionnaire douteux». La sortie d’Ahmed Ouyahia sur une chaîne de télévision privée, proche de la présidence de la République, avait été considérée par certains milieux bien informés comme un premier désaveu officiel. Une sortie que Amar Saadani n’a assurément pas oubliée. Totalement éclipsé, aujourd’hui le pourfendeur des services secrets algériens revient en «douceur». Un retour pour le moins énigmatique. C’est probablement pour une mission bien plus politique que celle d’être membre d’une commission électorale pour superviser les candidatures aux élections locales. Selon certaines sources, il pourrait reprendre la direction du parti en prévision de la présidentielle de 2019. Sa mission consisterait  à contenir les éventuelles ambitions politiques des soutiens au chef de l’Etat, dont celles d’Ahmed Ouyahia. Il faut rappeler que c’est Amar Saadani qui avait accusé ouvertement Ahmed Ouyahia de «vouloir prendre la place du président Bouteflika».                        

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