samedi 9 septembre 2017

Elections locales : Rififi et lutte de clans au FLN de Boumerdès

Première force politique du pays, le Front de libération nationale n’est pas près de cesser avec ses vieilles méthodes de parachutage de candidats sur les listes électorales. Les guéguerres entre militants et les luttes de clans réapparaissent dans la maison FLN à la veille de chaque joute électorale. Avant-hier, 5 sur les 8 membres de la commission électorale de la wilaya de Boumerdès ont adressé un rapport accablant au secrétaire général du parti, révélant «de graves irrégularités dans la sélection des candidats aux prochaines élections». Les rédacteurs du rapport, dont deux députés, ont dressé un véritable réquisitoire contre le coprésident de ladite commission, Nacer Benebri, sénateur du parti depuis décembre dernier. Ce dernier est accusé de «vouloir imposer dans les listes de candidature des militants qui ont mené campagne contre la liste du parti lors des dernières législatives». Le sénateur a organisé «des réunions clandestines avec des personnes étrangères au parti dans le but d’apporter des changements sur les listes établies par les kasmas» et «a introduit sur les listes des noms de militants d’autres partis politiques», ont-ils révélé. Plus grave encore, le sénateur aurait, selon eux, même tenté d’agresser la sénatrice Ait Ahmed Faiza le 4 du mois en cours lors d’une réunion de la commission, ajoutant que le même responsable du parti «a ramené au siège de la mouhafadha des personnes étrangères au parti et des baltaguias pour intimider les membres de la commission électorale». Contacté par téléphone, M. Benebri a qualifié les accusations portées à son encontre d’«allégations infondées», soulignant que trois des cinq signataires du rapport sont «illégitimes». «La coordination de préparation des élections compte 5 membres dont je suis le coprésident avec Mohamed Chérifi. Nous étudions les dossiers des candidats dans la transparence totale et nous les proposons à la direction nationale en tenant compte des critères de popularité et de compétence des candidats», a-t-il expliqué. Et d’ajouter : «Nous voulons du renouveau, mais eux soutiennent le maintien et le retour des anciens, dont certains n’ont aucun niveau d’instruction. Ce sont eux qui violent les instructions du parti, pas moi. Ensuite je me demande pourquoi ils n’ont pas contesté les choix de la commission lors de nos réunions.» Au de-là des accusations des uns et des réponses des autres, tout indique que les conflits qui rongent les rangs du parti au niveau local sont parties pour durer dans le temps. Des conflits qui en rappellent bien d’autres, dont certains ont connu des épilogues dramatiques, comme ce fut le cas en avril dernier à Tiaret et Béjaïa, où deux cadres du parti ont trouvé la mort dans des circonstances non encore élucidées. 

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