jeudi 14 septembre 2017

Ça passe ou ça casse !

En quelques heures, le Premier ministre s’est senti obligé d’édulcorer son discours. Lors de la rencontre qu’il a tenue, mardi, avec les chefs des partis composant l’alliance présidentielle, Ahmed Ouyahia aurait tenu un discours de vérité qui en a dérouté plus d’un. A commencer par des affirmations selon lesquelles le gouvernement n’aurait pas de quoi payer les salaires du mois de novembre prochain. Le Soir d’Algérie rapporte, dans son édition d’hier, que le Premier ministre a indiqué à ses interlocuteurs qu’avant la révision de la loi sur la monnaie et le crédit, les autorités n’avaient pas de quoi payer les salaires des fonctionnaires pour les deux derniers mois de l’année. Une telle déclaration, rapportée certes sous le sceau de la confidence, a valeur d’une bombe. Car, certes, les Algériens savent que la situation financière du pays est réellement préoccupante, mais rares, en dehors des cercles initiés, sont ceux qui peuvent comprendre une telle cote d’alarme. Le Premier ministre est en effet plus alarmiste que tous les autres responsables qui sont passés à la tête du gouvernement. La déclaration est tellement grave que le Premier ministre s’est senti obligé de «recadrer» un tantinet son discours. Il a convoqué, hier, les journalistes des médias publics pour dire à peu près la même chose, mais en des termes plus recherchés. Ainsi, le Premier ministre admet que la situation est dangereuse. Que le pays est dans «une impasse» qu’il a «dépassée». «La politique éclairée tracée par le chef de l’Etat a permis de trouver une sortie à l’impasse financière qu’a connue le pays et partant, poursuivre le processus de développement et préserver la politique sociale, la justice sociale et la solidarité nationale», a indiqué Ahmed Ouyahia. Sans doute conscient de l’impact que peuvent avoir ses propos sur le moral des Algériens, le Premier ministre a choisi d’autres mots. Au désespoir que peut provoquer la situation actuelle, il promet «l’espoir». A d’éventuels troubles qui peuvent naître d’une crise sociale, il oppose «la sérénité». «J’adresse aux Algériens un message d’espoir et de sérénité politique reposant sur des bases réalistes que nous aurons l’occasion d’expliquer ultérieurement», a-t-il indiqué. Pourtant, ce langage de «vérité» existe dans toute la littérature gouvernementale produite depuis le retour de Ouyahia aux affaires. Même dans le plan d’action du gouvernement, le Premier ministre expose des chiffres qui donnent froid dans le dos. Il admet que le Fonds de régulation des recettes est épuisé. Que le recours au financement non conventionnel est une nécessité. Mais c’est la première fois que l’incapacité de l’Etat à verser les salaires des fonctionnaires est abordée. Cela fera sans doute date !  

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