vendredi 4 août 2017

Tamekliwtena, le camp ouargli qui veut lancer le tourisme solidaire

44° C. Une chaleur suffocante plane sur la ville qui bouge et circule pourtant en cette première matinée d’août.  Pas un arbre, pas un centimètre d’ombre dans la grande artère de la nouvelle ville d’El Khafdji, où se regroupent une cinquantaine de jeunes volontaires recrutés via les réseaux sociaux.  Il est plus de 9h, quand Fatima Bendaoud, chef du projet «Tourisme solidaire» au sein du groupe Hope de l’association du Ksar de Ouargla annonce l’ouverture officielle du camp estival Tamekliwtena, qui se tient du 1er au 6 août à l’Ecole supérieure des enseignants de Ouargla. Sous la chaleur suffocante du Sahara propice au confinement et aux départs en vacances sous des cieux plus cléments, des étudiants et nouveaux diplômés sont engagés pour la communauté et tiennent à tirer au maximum profit des congés scolaires pour lancer une animation estivale dans le ksar qui abrite un festival culturel aux multiples activités enrichissantes ainsi que la mise sur les rails du projet de restauration de la vieille médina de Ouargla, grâce au lancement du four à chaux qui permettra désormais de confectionner des matériaux de construction identiques à ceux ayant permis au ksar millénaire de Ouargla d’exister encore, malgré la dégradation avancée. Il s’agit là d’un sursaut marqué par diverses actions, dont celle de permettre à la jeune génération de découvrir par elle-même différents aspects de la vie ksourienne.   Réappropriation Découvrir, échanger, aller à la rencontre de l’autre et mettre en valeur une culture ancestrale, des us et des coutumes, un art de vivre, de raconter, de manger et de boire. C’est tout un programme de mise en valeur des attributs touristiques de Ouargla, que les jeunes du groupe Hope veulent mettre en œuvre. «Nous sommes là pour redonner un sens à notre culture, en se la réappropriant nous-mêmes et en s’engageant à notre tour à la faire connaître et la perpétuer.» Fatima, 25 ans, est titulaire d’un master en gestion des  entreprises et rêve de lancer des projets associatifs «où la culture aura une place de choix», dit-elle. L’idée semble assez simple : regrouper des jeunes de 16 à 30 ans ayant déposé des candidatures électroniques pour participer à une série d’ateliers sur les arts et métiers locaux, les technologies de l’information et de la communication, le leadership et l’entrepreneuriat et le design, sans oublier le volontariat. Le tout couronné par des sorties à travers les ksour et les palmeraies, des découvertes gustatives de la gastronomie locale, de la musique, de la poésie, de la langue ouarglie. Une démarche qui fera découvrir aux volontaires présents au camp des personnages de la ville, des maîtres artisans et différents acteurs de la vie sociale du ksar.   Mobilisation Ould El Hadj Amine, un binational algéro-mauritanien, fraîchement diplômé de l’université de Ouargla en master fondamental et qui se spécialise dans la gestion de contenu digital, participe au camp Tamekliwtena en présentant le «Google développement, groupe de Ouargla», nouvellement créé dans le but d’améliorer la visibilité médiatique de la ville sur internet via la création de contenus de qualité. Pour Amine, «il s’agit de montrer aux jeunes qu’il est facile et accessible à tous de donner vie à leurs idées médiatiques, de mettre de belles idées au service de la communauté et faire découvrir Ouargla aux internautes avec des moments virtuels inoubliables qui donneront envie de venir sur place». Mohamed, manager de qualité venu de Batna pour partager ses connaissances sur le leadership et le design informatique avec les participants, voudrait à son tour démontrer que «la culture du partage est partie intégrante de la culture algérienne et que la jeunesse doit se lancer dans le développement social et économique via les opportunités offertes par les associations de la société civile». Les organisateurs du camp qui en est à sa première étape, s’agissant d’un événement en trois temps, appellent la population de Ouargla à s’impliquer dans cette initiative, qui a pris ancrage depuis quatre ans avec l’organisation du festival Waha Oasis chaque année, dans l’objectif d’encourager la lecture et le partage de livres, l’intérêt à la formation scientifique, mais aussi la préservation du patrimoine matériel et immatériel via l’enrichissement du musée saharien. Après avoir organisé un sit-in en décembre 2015 pour inciter la société civile à participer aux actions de volontariat, le groupe Hope passe à l’action et compte lancer «Ouarklen_3’Zen_N’eghriw», un festival de trois jours programmé du 19 au 21 août avec quatre ateliers à ciel ouvert, en plan Ksar de Ouargla comptant un Waha show, un Waha Talk, un Waha games et  Waha feedback. Quatre espaces de rencontres et de partage d’idées sous la thématique du tourisme solidaire dans les 14 ksour de Ouargla. La troisième étape se déroulera, quant à elle, en hiver avec un second camp de formation des animateurs du tourisme solidaire local.  

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