dimanche 6 août 2017

Les conditions de Djamel Ould Abbès

Djamel Ould Abbès veut se prémunir contre toutes volontés de désistement des candidats pour les élections locales, prévues en octobre 2017. Pour cela le chef du FLN a publié sur le site du parti un document dans lequel est énumérée une série de critères et d’engagements que tout candidat doit accepter de s’y conformer. Il s’agit en premier lieu de l’engagement du candidat en faveur du programme du président de la République. Ensuite, l’instruction d’Ould Abbès cite l’ancienneté dans le militantisme, avec toutefois une souplesse par rapport à la candidature des jeunes militants et des femmes, conformément au règlement intérieur du parti. Le secrétaire général du FLN exige également des candidats de justifier d’actions sur le terrain du militantisme. En outre, les candidats doivent être intègres et honnêtes, selon l’instruction, et doivent être connus et appréciés dans les milieux populaires et jouir d’une bonne moralité. Le document comporte également une disposition  dans laquelle il autorise «la tête de liste de signer à sa place». Une disposition déjà introduite lors des législatives et dont le but réel est de permettre au parti de se protéger contre les nombreux désistements de candidats après l’annonce des listes officielles. «Ils ont peur de se retrouver avec des listes incomplètes, explique un ancien membre du BP. Les candidats se retirent quand ils estiment avoir été lésés. Pour éviter cela, la procuration offre une parade.» «La circulaire montre la peur de M. Ould Abbès et ceux qui le soutiennent de la réaction des militants face aux décisions injustes et inéquitables, prises par la direction», déclare Abderrahmane Belayat, coordinateur de la direction unifiée du FLN et farouche opposant au secrétaire général. Pour la première formation du pays, les élections locales ont lieu dans un climat délétère. A Sétif, l’installation de la commission de candidatures a donné lieu à une empoignade entre le député Mouad Bouchareb et le sénateur Fateh Kerouani. «La situation est dramatique, affirme un cadre du parti. Elle est proche de l’insurrection. Les décisions d’Ould Abbès mettent le feu et provoquent la zizanie.» Plusieurs accrochages entre militants ont eu lieu dernièrement à Médéa, Aïn Defla… et ont nécessité l’intervention des forces de l’ordre pour ramener le calme et éviter le pire. «C’est le système de désignation qui pose problème», affirme un membre du comité central. En ligne de mire, le système de désignation qui permet au BP de désigner les quatre premiers candidats de chaque wilaya et ceux des communes de plus de 100 000 habitants. «Les militants savent que tout se joue au BP, détaille un membre du comité central. A partir de là, ils se disent qu’il ne sert à rien de faire campagne.» Lors des locales de 2012, Le FLN a obtenu la majorité avec 685 sièges aux Assemblées populaires de wilayas (APW). Un résultat que le patron du parti, Djamel Ould Abbès, voudra rééditer.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire