vendredi 4 août 2017

Carnet politique 6

Samedi Abdelmadjid Tebboune rencontre les acteurs sociaux et économiques, dont Ali Haddad et Abdelmadjid Sidi Saïd. Ces derniers l’avaient menacé, directement, lors d’une rencontre alibi autour du pacte économique et social (on nous expliquera en quoi Haddad fait de l’économie et en quoi l’UGTA de Sidi Saïd fait du social !). Il est malheureux de constater que les syndicats autonomes, les vrais syndicats (avec tout le respect aux cadres et militants UGTA non corrompus) soient exclus de cette rencontre et de la prochaine tripartite. Regrettable. Très. Donc, le Premier ministre rencontre les «acteurs» socioéconomiques officiels qui ont défié l’autorité de l’Etat, comme Omar Ghrib tout puissant. Abdelmadjid Tebboune agit en Premier ministre et prépare la tripartite de Ghardaïa : mais en face de lui, à quoi pensent-ils ? Le général - à la retraite - Mohamed Touati, avait remis au goût du jour (il y a 15 ans, une éternité) les acronymes datant de la Seconde Guerre mondiale : PPH (passera pas l’hiver), et nos pseudos-oligarques lorgnent sur PPP : «passera plusieurs printemps». L’opinion, qu’on n’entend pas assez dans ce pays, réclame elle le slogan RDA, pas par nostalgie à la «démocratie populaire» soutenue par la Stasi, mais pour «Rendez Djed’yemmat l’Argent» ! Entre-temps, nous apprenons la disparition de Redha Malek : certains ne veulent se souvenir que de la phrase «La peur doit changer de camp» prononcée par le chef de gouvernement qu’il était à l’époque, d’autres soulignent son profond engagement dans la lutte pour une Algérie libre, pas celle que les nouveaux oligarques découpent en parts de marché dans les bistrots de Paris. Pas de liens ? Si. Passons à dimanche. Dimanche Il y a bien sûr la chaleur, l’ombrage des arbres du cimetière fait ce qu’il peut. Et puis la mort qui invite, qui est l’hôtesse, le maître de cérémonie et qui impose le respect dû à ceux qui partent silencieusement. Sans fracas. Sans imprécations ni gros rires. Malgré la chaleur algéroise, les mains tremblent un peu : la tension, l’appréhension, la solitude du vilain petit canard. Les «autorités», les «qmaqem-m’qalé-chwaker-chiffane-flenoufelten» sont passées dans l’allée devant lui en tournant la tête, en l’ignorant. Tout autour les mécanismes du protocole se mettent en place. Le syndicaliste en chef cherche une compagnie que lui refusent les quelques premiers arrivants. Son acolyte s’étouffe malgré la chemise ouverte sous le veston «so chic». Les mains tremblent un peu. On le répète. Car la nervosité peut se traduire en hystérie graveleuse : c’est exactement ce qui se passe quand le frère-conseiller l’accoste, lui parle. L’euphorie l’emporte sur la retenue devant la dépouille de celui qui a été à Evian (non, y a plus d’hôtels à acheter là-bas, faut-il préciser à celui qui ne tient debout que grâce à une accolade rendue virale et «politique» par les mercenaires de l’info). Le chef syndicaliste accourt, la rumeur s’est répandue à travers les tranquilles boulevards juchés de morts illustres ou anonymes : le moment-univers, la golden-hour comme pour les chasseurs d’images rares de crépuscules, il faut être là face aux smartphones, aux caméras et se dérider, glousser et se fondre la poire pour se racheter une «immunité» ! A leur place, je me méfierai de l’accolade en temps funéraire, dans des circonstances météo défavorables où le vent peut tourner, ou a déjà tourné. Même l’histoire du vilain petit canard finit bien, se disent-ils. Et celle-là ? Avec ce vent chaud qui souffle, brûlant. Lundi Pour l’anniversaire de l’accession au trône de Mohammed VI, roi du Maroc, la Présidence algérienne envoie un message plus que fraternel : «Cet heureux événement m’offre l’opportunité de réitérer ma détermination à œuvrer de concert avec vous au raffermissement des liens de fraternité, de solidarité et de bon voisinage unissant nos deux pays et à la promotion de nos relations à la hauteur des aspirations des peuples de la région au progrès, au bien-être, à la sécurité et à la stabilité». Bon, encore une fois, c’est beau, c’est gentil et ça provoque le diabète tellement c’est mielleux : mais dans les faits ? A quand une réouverture des frontières entre deux pays maghrébins voisins ? A quand ? Bocchus (el bokhs) est mort depuis longtemps, en 80 avant l’ère actuelle, vous êtes au courant ? Entre-temps, les vidéos circulent sur l’accueil de nos jeunes soldats à Cherchell par des jeunes, la nuit, leur lançant des bouteilles d’eau : les gars rentrent d’une opé où, officiellement, 6 tangos ont été «neutralisés» (traduction : éliminés) ! Mardi Bravo l’humanité. L’humanité aura consommé, dans 24h le 2 août, la totalité des ressources que la planète peut renouveler en un an et vivra donc «à crédit» jusqu’au 31 décembre, a calculé l’ONG Global Footprint Network, relevant que ce moment survient de plus en plus tôt chaque année, rapporte l’AFP. Le mercredi 2 août marque pour la Terre le «jour du dépassement» («overshoot day» en anglais, «meregtouha» en algérien) : «A partir de cette date, l’humanité aura consommé l’ensemble des ressources que la planète peut renouveler en une année», écrivent Global Footprint et le WWF dans un communiqué commun. Pour ses calculs, Global Footprint prend notamment en compte l’empreinte carbone, les ressources consommées pour la pêche, l’élevage, les cultures, la construction et l’utilisation d’eau. En 2016, le «jour du dépassement» était intervenu le 3 août. Même si le rythme de progression s’est un peu ralenti depuis six ans, cette date symbolique «continue inexorablement d’avancer : cette journée est passée de fin septembre en 1997 au 2 août cette année», relèvent les ONG. «Pour subvenir à nos besoins, nous avons aujourd’hui besoin de l’équivalent de 1,7 planète», précisent ces ONG. De combien de kilomètres de trottoirs mal réalisés aura besoin l’oligarque pour survivre ? Mercredi Bouchouareb, vidé de ses deux villas à Club des Pins ! Vous pensez vraiment qu’il a besoin de cela ? Il peut construire une autre enclave à Panama : you see what i mean ?! Sinon à lire, à relire et à diffuser : l’entretien du chercheur Ali Bensaâd à El Watan. Il faut, alors que les opérations de «rapatriement» au Niger reprennent, comprendre dans sa globalité le phénomène de la migration. «Pendant la guerre de Libération, sur une population d’environ 9 millions d’habitants, il y avait 200 000 réfugiés algériens recensés officiellement dans les camps de l’ONU en Tunisie et au Maroc, sans compter tous ceux qui y étaient par leurs propres moyens ou dans le réseau familial, et puis l’armée des frontières qui n’a pas toujours eu une relation respectueuse de l’ordre et des autorités de ces pays. Et tous les réfugiés n’étaient pas des ‘‘anges’’, comme on le dit aujourd’hui des Subsahariens. En comparaison, on parle aujourd’hui de 90 000 Subsahariens. A ceux qui se gaussent de l’allure de certains Subsahariens, je conseillerai de voir sur internet les films retraçant l’état de dénuement de nos réfugiés d’alors». Spéciale dédicace à Monsieur Ouyahia ! Enfin, n’oublions pas de féliciter ce jeune et si timide Karim Mousaoui, lauréat du Wihr d’or au Festival international d’Oran du film arabe, pour son long métrage En attendant les hirondelles. Nous aussi, on les attend ! Jeudi A ne pas rater : les éclaircissements du site MENA Défense sur le scandale de la gestion des incendies. Un travail d’enquête intelligent et perspicace. Par ailleurs, on vous donne une info : tout le gouv’ en congé, sauf lui, meskine. Le plus jeune, comme d’habitude. C’est Mahjoub Bedda qui s’y colle. Pas de chance. Mais il y a du pain sur la planche : les concessionnaires et surtout les fameuses zones industrielles offertes aux amis par l’ex-ministre Bouchouareb. Enfin, pour les algérologues, on vous conseille de garder un œil sur la triangulation problématique entre la FAF, la Ligue et l’ex-patron Raouraoua : c’est plus pertinent que de lire tout ce qui s’écrit. Les lignes de front bougent. On espère juste que c’est pour la justice et le but suprême de la République depuis 1954 : protéger le zawali !

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