mardi 25 juillet 2017

Sidi Saïd invité à rendre son tablier

Le secrétaire général de la centrale syndicale, Sidi Saïd, se trouve dans une mauvaise posture. Son franc soutien au patron du FCE lui a attiré les foudres du monde syndical et aussi de la quasi- totalité de la classe politique, qui n’attendait, en toute vraisemblance, que le moment propice pour déverser sa colère sur l’homme, accusé d’avoir déserté le combat syndical et d’avoir choisi le camp des patrons. Les syndicalistes et travailleurs, affiliés à l’UGTA, sont dans l’expectative. Pour eux, la situation n’est pas simple, elle est même très complexe et ils ne savent pas dans quelle direction elle évoluera. Partira ? Partira pas ? A quelle logique obéit le geste de Sidi Saïd ? Ce sont autant de questions qui taraudent l’esprit des militants de la centrale. Pour l’heure, il n’y a eu aucune prise de positon, mais les syndicalistes attendent une action de Sidi Saïd à qui ils reprochent une démarche prise à la hâte et sans la consultation des membres de la direction ni ceux du secrétariat national. En se rangeant du côté des patrons, Sidi Saïd a, selon eux, porté atteinte à l’image de l’UGTA, déjà ternie par son accointance avec le pouvoir. Il met la centrale dans une positon de faiblesse. «En plus de l’image de l’UGTA, c’est aussi la crédibilité de Sidi Saïd qui accuse un sacré coup. Ce dernier ne peut plus être audible, et par conséquent il doit prendre une décision dans le sens du rétablissement de l’action syndicale», expliquent des syndicalistes qui ont préféré garder l’anonymat. Catégoriques, les syndicalistes pensent que lorsqu’on prend une telle décision à ce niveau de responsabilité, on doit tirer les conclusions de sa démarche. «S’il veut sauver un tant soit peu la maison syndicale, Sidi Saïd devrait rendre son tablier, sinon il serait accusé d’être le fossoyeur de l’organisation syndicale. Une telle décision ça se paye. A la tête de l’UGTA depuis plus de 20 ans, Sidi Saïd ne fait, malheureusement, pas l’unanimité et l’organisation historique est à la croisée des chemins», affirment les syndicalistes qui de tout temps se sont plaints d’une UGTA qui s’est éloignée du monde de travail et d’un Sidi Saïd qui a bafoué les règles élémentaires du militantisme syndical. Ils énumèrent une série de dysfonctionnements allant du non-respect du règlement intérieur, au cumul de fonctions. «Aujourd’hui, les langues commencent à se délier et chaque jour apporte son lot de révélations sur les biens que possèdent le secrétaire général de l’UGTA et sa famille. Comment dans ce cas, Sidi Saïd peut-il prétendre défendre les travailleurs à l’ère des restrictions budgétaires et des réformes douloureuses ? Comment Sidi Saïd peut-il intervenir auprès des travailleurs pour expliquer le bien-fondé d’une réforme ?» s’interrogent les syndicalistes dont la première préoccupation est de redorer l’image de l’UGTA. Sidi Saïd, qui était hier l’allié de tout le monde, est aujourd’hui pointé du doigt. Il est accusé d’avoir accompagné tous les gouvernements précédents dans le démantèlement de l’économie nationale et l’affaiblissement de la classe ouvrière. «Sidi Saïd n’a jamais été du côté des travailleurs. Il a toujours soutenu les forces de l’argent», affirment des syndicalistes contraints de déserter la centrale.

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