mercredi 19 juillet 2017

Quel objectif pour les «mouvements» ?

Des mouvements sont intervenus dans la foulée de l’arrivée de Abdelmadjid Tebboune au Premier ministère en remplacement de Abdelmalek Sellal, dont on s’affaire à démonter la «politique» en remettant en cause de nombreuses décisions et les actes de gestion qu’il avait entrepris tout au long de son séjour au palais du Dr Saâdane. Le mouvement opéré par le président de la République dans le corps des walis, walis délégués et secrétaires généraux des wilayas et des circonscriptions administratives vise à insuffler une nouvelle dynamique à la gestion des collectivités locales dans le cadre de la poursuite des efforts consentis en termes de développement et de modernisation du service public», avait indiqué un communiqué du ministère de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire. Cela sonne en apparence comme un air de changement. Des mouvements sont intervenus dans la foulée de l’arrivée de Abdelmadjid Tebboune au Premier ministère en remplacement de Abdelmalek Sellal, dont on s’affaire à démonter la «politique» en remettant en cause de nombreuses décisions et les actes de gestion qu’il avait entrepris tout au long de son séjour au palais du Dr Saâdane. Faut-il croire au discours officiel qui présente les décisions émises par la présidence de la République comme une espèce de redressement des politiques publiques qui ont besoin d’un nouveau sang pour être efficaces ? La nomination de nouveaux walis et de secrétaires généraux de wilaya aurait été conçue pour cet objectif. C’est du moins le message que ceux qui ont en charge les affaires du pays veulent transmettre dans ce nouvel épisode de crise que l’Algérie vit depuis l’amenuisement de la rente du fait de la chute des prix du pétrole, seule source de revenus pour l’économie nationale. Il fallait aussi donner des gages de bonne volonté à une population qui s’apprête à subir les contrecoups de la crise. Et il fallait surtout amener les Algériens, qui ont largement fait savoir leur colère lors des élections législatives de mai dernier, à accepter le coût social des coupes budgétaires qui seront encore plus importantes à partir janvier prochain, avec l’entrée en application de la nouvelle loi de finances. Les décisions prises par le Premier ministre et tous les changements qui ont suivi trouvent leur explication dans ces nouvelles orientations qui sont suffisamment frappantes pour impressionner l’opinion. Pourtant, les mouvements opérés au sein de l’administration locale n’ont été que partiels. Les changements n’ont touché que 28 walis sur 48 et 25 secrétaires généraux. «Ce n’est pas une révolution», disent certains connaisseurs des rouages de l’administration. Mais en quoi un changement des hommes est-il important si les mêmes modèles de gestion sont reconduits ? Il n’est un secret pour personne que si les responsables des exécutifs locaux, les walis, les chefs de daïra et les secrétaires généraux, notamment des communes, sont dotés de pouvoirs importants que les élus locaux n’ont pas, ils n’ont, cependant, pas les mains libres en matière de gestion et de développement locaux puisque l’initiative ne leur revient que rarement. Le pouvoir central monopolise tout : la décision et la créativité en matière de développement économique. Les walis le savent. Il y a certes de bons et de mauvais gestionnaires, il y a forcément parmi eux, également, ceux qui en dépit des pesanteurs politiques, des interférences et des malencontreuses interventions des bras longs ont mené à bien l’action publique de l’Etat, sauf que le problème n’est pas là. Une étude du Conseil national économique et social (CNES) réalisée en 2001 a bien situé le mal. Et ce mal n’est pas forcément dans les ressources humaines, il est surtout dans le modèle de gestion. Il est dans la nature du fonctionnement hyper centralisé de l’Etat algérien. L’étude en question avait souligné la nécessité de réformer l’Etat pour aller vers la décentralisation de la décision politique et de larges prérogatives aux représentants des populations au niveau local, c’est-à-dire des élus. Elle préconisait également la réforme de la fiscalité locale et un rôle plus important aux assemblées populaires locales, que ce soit au niveau de la wilaya ou de la commune, dans le développement économique à travers l’encouragement de l’initiative et de l’acte d’investir. La question qui se pose est de savoir à présent qu’elle est la disponibilité de ceux qui détiennent les rênes du pouvoir d’aller vers ces réformes ? Puisque, de l’avis de tous, le changement des hommes ne sert à rien si les pratiques et les méthodes ne changent pas. Et il est à craindre que les derniers mouvements dans les corps des walis et des secrétaires généraux de wilayas ne soient que de l’esbroufe et de la poudre aux yeux. Les quelques bribes d’informations que nous avons pu obtenir au sein même de l’administration renseignent que certains changements sont dictés par des critères d’allégeance et de quota. Des responsables en fonction ont placé leurs proches. D’anciens walis occupant aujourd’hui d’importants postes de responsabilité ont accordé des promotions à leurs ex-collaborateurs. Comme aussi d’anciens responsables de l’administration locale ont été remerciés tout simplement parce que leurs parrains ont quitté le pouvoir.  

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