mercredi 19 juillet 2017

«L’Etat ne pourra plus financer les produits de première nécessité»

L’Association de protection et orientation du consommateur et son environnement (Apoce) plaide pour la suppression de la subvention de certains produits qui ne figurent pas sur la liste des produits de première nécessité des Algériens. Il s’agit, selon Mustapha Zebdi, président de l’Apoce, du sucre dont l’augmentation du ratio national de consommation inquiète, et du ciment dont la subvention ne profite pas aux particuliers qui s’approvisionnent auprès des commerces qui n’appliquent pas les tarifications réglementées. «Ces deux produits subventionnés à coups de milliards de dollars contribuent à la hausse de la facture des importations financées par l’argent public, sans pour autant bénéficier aux ménages ciblés», ajoute le président de l’Apoce qui était hier l’invité du forum du journal El Mihwar. L’Apoce revendique d’ailleurs la participation à la conférence nationale que compte tenir le Premier ministre avec les représentants des syndicats et partis politiques autour du système des subventions, dont la date n’est pas encore fixée. M. Zebdi affirme : «Nous revendiquons notre droit d’exprimer notre point de vue sur le système des subventions qui concerne directement le consommateur, notre but, étant de défendre le pouvoir d’achat et de présenter nos propositions autour de ce système qui ne profite pas actuellement aux franges de la société ciblées.» «L’Apoce est pour la libéralisation des prix avec des conditions», souligne M. Zebdi qui explique que même si le système actuel des subventions, caractérisé par le détournement des produits, a montré ses limites, l’Etat ne devrait pas envisager la levée des subventions sur tous les produits. Pour cette organisation, plusieurs facteurs font que ce système doit être poursuivi pour les produits de large consommation, à part le sucre et le ciment. La levée de ce système doit être précédée par la mise en place d’un fichier national des familles qui ont besoin de soutien. Actuellement, révèle M. Zebdi, l’Etat ne possède pas de statistiques fiables concernant ce sujet, ce qui est démarqué avec la divergence dans les données du ministère de l’Education nationale et celui de la Solidarité. «Le nombre des familles bénéficiant de la prime de scolarité et celles  du couffin de Ramadhan n’est pas le même», explique notre interlocuteur. L’importation des véhicules pour renflouer les caisses de l’état Pour cette association, il n’y a pas de définition standard de la famille ayant besoin de soutien. L’organisation considère qu’une famille de 5 membres dont le revenu n’atteint pas 50 000 DA par mois a besoin d’être ciblée par un système de subvention, qui ne la touchera pas dans sa dignité. L’Apoce s’opposera d’ailleurs à «la carte de la pauvreté» que les pouvoirs publics «s’apprêtaient à lancer à un certain moment». Par ailleurs, l’Apoce compte lancer à la mi-août une campagne d’identification et de dénonciation des gérants des chambres froides qui pratiquent de la spéculation. «Il s’agit d’un système de veille et d’alerte qui sera mis en place avec les pouvoirs publics, qui consiste à impliquer les consommateurs dans la transmission des informations aux autorités compétentes, concernant, dans le cas d’activité suspecte de spéculation. Notre organisation ne se substitue pas aux organes de l’Etat, mais la transmission de l’information peut être salutaire dans l’identification des spéculateurs qui nuisent à la loi de l’offre et de la demande.» Concernant le marché de l’automobile qui connaît un déficit de 500 000 véhicules, l’Apoce appelle à l’autorisation de l’importation des véhicules par des particuliers. En plus de l’insuffisance des quantités montées localement, le marché est confronté au non-respect des délais de livraison par les importateurs et producteurs locaux, ce qui a engendré une hausse de 50% des prix des véhicules neufs ou d’occasion. «Nous proposons l’ouverture de l’importation des véhicules à des particuliers avec instauration de taxes. L’Etat ne dépensera pas un seul centime dans ces opérations, au contraire le Trésor public respirera avec les taxes qui seront imposées à l’importation», propose M. Zebdi.

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