jeudi 20 juillet 2017

Le Snateg annonce une grève nationale et une marche aujourd’hui à Béjaïa

Les employés du groupe Sonelgaz renouent avec la protestation. Le Syndicat autonome des travailleurs de l’électricité et du gaz (Snateg) a appelé à une grève nationale, suivie d’une «marche de la honte» aujourd’hui à Béjaïa. «Les travailleurs affluent déjà de partout : d’Illizi, de Djanet, d’Oran...», se réjouit Abdelkader Kouafi, secrétaire général du Snateg, qui se dit satisfait de «la forte adhésion» de ses collègues. Par son action, le syndicat autonome compte dénoncer, selon son communiqué rendu public hier, une «campagne hystérique» lancée par les responsables du groupe public et qui s’est soldée par le licenciement de 90 syndicalistes et des poursuites judiciaires à l’encontre de plus 1000 travailleurs. L’organisation syndicale souhaite que les changements intervenus dernièrement à la tête du groupe et au gouvernement permettront la prise en charge de ses revendications. «L’ancien ministre du Travail, El Ghazi, M. Guitouni et la direction du groupe ne nous ont pas écoutés. Jusqu’à aujourd’hui, il n’ y pas de PDG à la tête du groupe (après la nomination de M. Guitouni au ministère de l’Energie, ndlr). Mais nous espérons l’ouverture de la porte du dialogue avec les représentants des travailleurs», souhaite M. Kouafi. Le secrétaire général croit savoir que «suite aux correspondances adressées à la présidence de la République, une commission d’enquête est diligentée au niveau du groupe». «Nous apprenons qu’une commission spécialisée dans les affaires de corruption a commencé hier (mardi) son travail», indique-t-il. Au groupe Sonelgaz, on préfère ne pas répondre à «ces accusations infondées», s’est contentée d’indiquer une source ayant requis l’ anonymat, contactée par El Watan. Le Snateg, qui revendique l’adhésion de quelque 35 000 employés sur les 86 000 que compte le groupe, n’est pas à sa première action de protestation : trois grèves lancées en mars, avril et mai derniers ont été suivies de marches et de rassemblements devant les directions du groupe et le siège du ministère du Travail. En réponse à ces actions, le syndicat s’est vu retirer par le ministère du Travail son récépissé d’enregistrement. «Le document (diffusé sur internet, ndlr) est un faux. D’ailleurs, une plainte a été déposée au tribunal de Dar El Beïda qui instruit le dossier. Le secrétaire général du ministère du Travail lui-même, présent lors d’une réunion de l’OIT (Organisation internationale du travail) à Genève, a confirmé que notre syndicat exerce légalement», rappelle le secrétaire général, qui fait remarquer qu’une commission de l’OIT est annoncée pour septembre prochain à Alger afin de discuter du dossier de l’activité syndicale avec les autorités. A l’issue de la marche d’aujourd’hui au chef-lieu de la wilaya de Béjaïa, le Snateg compte adresser une correspondance au Premier ministre. A défaut d’une prise en charge des revendications, le Snateg menace «de durcir» son action, met en garde son SG, M. Kouafi.  

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