mercredi 12 juillet 2017

Le planning familial redevient une priorité

La réhabilitation du planning familial, qui a été durant des années un des socles du système de santé dans la planification familiale sur la santé de la mère et de l’enfant, constitue une opportunité pour le ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, conformément aux Objectifs de développement durable (ODD). Avec la nouvelle dynamique démographique que vit notre pays, dont le nombre des naissances vivantes a dépassé le million durant ces trois dernières années, une vraie politique de la planification familiale s’impose. La réhabilitation du planning familial, qui a été durant des années un des socles du système de santé dans la planification familiale sur la santé de la mère et de l’enfant, constitue désormais une opportunité pour le ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, conformément aux Objectifs de développement durable (ODD). Ce qui a été confirmé, hier, par le Pr Mokhtar Hasbellaoui à l’occasion de la célébration de la Journée mondiale de la population, placée cette année sous le thème des Nations unies «Planification familiale : autonomisation des peuples, développement des nations». La population algérienne passerait de 41,7 millions d’habitants à plus de 51 millions d’ici 2030 et, par conséquent, «il faut se préparer dès à présent pour satisfaire des besoins encore importants», a déclaré le ministre. Et de souligner que cette célébration intervient dans un contexte marqué par une dynamique démographique très agitée ; mettant en exergue la nécessité de renforcer davantage la planification familiale, il a ajouté que le choix de traiter cette question sensible, comme une priorité de l’heure, est significatif non seulement au regard de son importance comme l’un des déterminants majeurs de la nouvelle dynamique démographique que vit notre pays, mais également comme un préalable à la réduction de la mortalité maternelle et périnatale et aussi comme un levier qu’il conviendrait d’actionner en premier pour pouvoir capturer le dividende démographique et en tirer profit. «Cette journée serait ainsi l’occasion de faire le point sur la situation de la planification familiale en Algérie dans tous ses liens avec les programmes nationaux de santé», a expliqué le ministre tout en estimant qu’il y a des défis à relever en matière de santé, de bien-être familial et de développement. Ce qui nécessite, selon lui, une approche dynamique multisectorielle incluant tous les acteurs et intervenants, y compris ceux de la société civile ainsi que «la mise en place de stratégies basées sur l’efficience pour mieux utiliser les ressources disponibles et le développement de programmes ciblés, notamment au niveau local». Le ministre a ainsi plaidé pour la révision de la politique nationale de population et à réajuster ses objectifs en visant un équilibre entre la croissance démographique et le développement économique et social du pays. Comme il a insisté sur l’amélioration des systèmes d’informations et de statistiques pour la mise en place de bases de données et d’indicateurs pertinents et fiables. Le Pr Hasbellaoui a rappelé que l’activité de planification familiale se trouve «actuellement intégrée au niveau de l’ensemble des structures de santé de proximité (polycliniques et salles de soins) composant le réseau national et au niveau des 2/3 des maternités, tandis que les actes de santé reproductive et les produits contraceptifs sont dispensés gratuitement dans le secteur public». Le ministre de la Santé a noté que l’opposition déclarée à la planification familiale concernait, quant à elle, 3,2% des non-utilisatrices en 2012-2013, sachant que les motifs les plus fréquents de non-utilisation de la contraception demeurent le désir d’avoir des enfants et la crainte des effets secondaires sur la santé. «Ces motifs appellent au renforcement des actions d’information et de sensibilisation autour des questions de planification familiale et de maîtrise de la fécondité en direction des différentes catégories de la population et des personnels de santé en vue de renforcer leur motivation et leur implication dans le programme», a-t-il indiqué. Ce qui consiste, selon lui, à agir particulièrement sur les représentations de la dimension idéale de la famille et véhiculer la norme de «famille de taille réduite» dans les attitudes et comportements. Il signale que de nombreux couples en viennent à la contraception une fois assurés d’une nombreuse progéniture, souvent plus de quatre enfants. Pour le ministre de la Santé, la planification familiale ne peut être réduite au seul secteur de la santé : «Elle doit être approchée de façon intégrée et cohérente et s’inscrire dans une démarche intersectorielle et fortement coordonnée, incluant une responsabilisation des familles.»         

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